BNP Paribas ferme la porte à un rachat de la SG

BNP Paribas a annoncé mercredi qu’elle n’envisageait plus de racheter la Société Générale, alors que cette dernière a rappelé sa volonté de rester indépendante après l’affaire Kerviel et que la crise financière rend tout projet de rachat plus incertain. «Compte tenu de rumeurs persistantes, BNP Paribas précise qu’il a cessé d’étudier le dossier d’un éventuel rapprochement avec la Société Générale», a indiqué la banque française dans un communiqué.
La banque, qui apparaît plus forte que jamais après avoir réalisé en 2007 un bénéfice record de 7,8 milliards d’euros, estime que «les conditions permettant de réaliser une opération créatrice de valeur pour ses actionnaires ne sont pas réunies». Par cette annonce, BNP Paribas ferme la porte d’une opération de rachat sur sa concurrente durant les six prochains mois, comme le stipule la réglementation boursière. Cette décision a été saluée par les investisseurs. Le titre BNP Paribas bondissait de plus de 6% mercredi à l’ouverture de la Bourse de Paris. Le cours de la Société Générale, qui s’est refusée à tout commentaire, perdait en revanche plus de 4%. «BNP Paribas est parmi les quatre banques les plus solides du monde, elle a plutôt intérêt à valoriser ses atouts qu’à se lancer dans des choses hasardeuses», a confié à l’AFP une source proche du dossier. «La crise accroît le manque de visibilité. Tous les calculs deviennent un peu vains», a précisé la même source, soulignant en outre que la Société Générale avait rappelé récemment sa volonté de rester indépendante, après le succès de son augmentation de capital de 5,5 milliards d’euros. Un projet de rachat amical étant actuellement impossible, BNP Paribas, qui privilégiait cette option, a donc préféré jeter l’éponge. «Faire une offre hostile en ce moment, c’est un peu plonger à l’aveugle», souligne Pierre Flabbée, analyste pour la maison de courtage Landsbanki-Kepler. «Ils n’auraient pas eu accès aux livres de compte, ce qui est un peu risqué à l’heure actuelle». Le sauvetage précipité de la cinquième banque d’affaires américaine, Bear Stearns, a notamment rendu le secteur beaucoup plus sensible aux risques de faillite, remarque-t-il. BNP Paribas met ainsi fin à près de deux mois de spéculations. Après l’annonce fin janvier de la perte de 4,9 milliards d’euros de la Société Générale, due à des opérations non-autorisées du trader Jérôme Kerviel, les rumeurs de rachat s’étaient multipliées. BNP Paribas avait reconnu le 31 janvier qu’elle travaillait à un rachat de sa rivale, un scénario qui avait clairement les faveurs du gouvernement français, hostile à un raid étranger. La plupart des autres candidats potentiels avaient démenti tout intérêt au cours des dernières semaines: les banques allemandes Commerzbank et Deutsche Bank, les italiennes Intesa Sanpaolo et Unicredit, le premier groupe bancaire espagnol Santander. Et même la Banque Postale. Le Crédit Agricole reste désormais le seul établissement à avoir exprimé un intérêt pour la banque. Son directeur général, Georges Pauget, avait affirmé début mars que sa banque ne resterait pas «indifférente» si la Société Générale était la cible d’une offre d’achat.
«La Société Générale va rester indépendante à l’horizon visible, jusqu’à ce que la crise financière se résorbe et que la banque montre sa capacité à surmonter l’affaire Kerviel», prédit Pierre Flabbée.

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