Bon trimestre en perspective

«Les banques européennes auront sans doute bien résisté à la conjoncture au premier trimestre mais quant à savoir si cela annonce le début d’un redressement, c’est la question que se posent les investisseurs. De la même manière que les marchés des capitaux ont souffert avant l’économie réelle, ainsi ils pourraient se redresser avant elle, c’est que l’on espère», dit un analyste bancaire. «Ce qu’on craint c’est que tous ces propos positifs ne se révèlent quelque peu ponctuels et creux». Les nouvelles en provenance des Etats-Unis sont bonnes. D’autres points et des résultats suivront dans les semaines qui viennent, émanant notamment de Crédit Suisse ou encore Barclays. La banque américaine Goldman Sachs a publié lundi des résultats bien meilleurs que prévu, grâce à de solides revenus tirés des changes, des marchés de taux et des matières premières. Cette nouvelle a soutenu les banques européennes, dont l’indice sectoriel a réalisé le plus fort gain de la séance mardi. Il affiche une hausse de plus de 4% depuis le début de l’année après un bond de près de 79% par rapport à son plus bas de 16 ans inscrit le 9 mars. Reste que les investisseurs redoutent de nouvelles dépréciations sur des produits structurés ainsi que des pertes sur les crédits traditionnels, récession oblige. Les analystes de KBW ont déclaré mardi s’attendre à des «résultats convenables» pour les banques européennes au premier trimestre, mais ils s’attendent également, comme d’autres de leurs confrères, à ce que la dégradation de la qualité des actifs se confirme. Selon Morgan Stanley, la plupart des banques européennes présentes à une conférence, organisée il y a deux semaines par la banque ont dit avoir été rentables de janvier à mars, grâce à des marchés plus actifs et à une détérioration du crédit moins forte que prévu. Les banques d’investissement ont noté de leur côté une hausse de 60 à 100% de leurs revenus dans les changes, les taux et le crédit par rapport à ce qu’elles constataient avant la crise, font valoir les analystes de Morgan Stanley. Les banques ont tiré parti de l’engouement des investisseurs pour les obligations émises par les entreprises et également des besoins en cash desdites entreprises, autant d’éléments qui laissent penser que le deuxième trimestre verra un bon flux d’émissions obligataires après un premier trimestre qui aura déjà enregistré des volumes record. En revanche, levées de fonds sur les marchés et fusions et acquisitions sont deux segments qui se sont révélés bien moins lucratifs pour les banques. Les commissions pour des placements d’actions ou d’obligations, des fusions/acquisitions et des prêts syndiqués ont globalement chuté de 43% au premier trimestre, par rapport à la période comparable de 2008, selon des données de Thomson Reuters.

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