Brexit : Business à l’anglaise au Maroc

Brexit : Business à l’anglaise  au Maroc

De la finance au transport, en passant par les banques, le Royaume-Uni se positionne en force dans l’économie nationale

Le nouveau délégataire du transport à Casablanca fait office désormais d’un véritable moteur de croissance pour National Express group, maison mère anglaise de la société Alsa.

Le premier investisseur étranger est un pays anglo-saxon. Ce fut l’une des rares fois d’ailleurs l’année dernière où un pays comme l’Irlande est devenu premier investisseur au Maroc. Un classement qui est probablement synonyme d’une nouvelle ère. En tout cas, le chef de file du monde anglo-saxon, la Grande Bretagne, est en train de revoir sa position sur le plan économique au Maroc. Les capitaux issus du Royaume-Uni se positionnent ainsi en force dans l’économie marocaine à tel point que les grands quotidiens des îles britanniques s’en font l’écho. Ce fut le cas il y a quelques jours après l’annonce d’un nouveau deal entre une entreprise de transport et la plus grande ville du Maroc, Casablanca.

Alsa est ainsi devenue le nouveau délégataire du transport par autobus dans la métropole. Cette entreprise est connue pour être espagnole pour le grand public, mais elle est surtout connue sous d’autres cieux pour être une filiale d’un grand groupe britannique spécialisé dans le transport. L’annonce faite par les autorités casablancaises a été jugée si importante que de grands journaux britanniques en ont fait l’annonce. Et pour cause. Le chiffre d’affaires d’Alsa après la signature de son contrat à Casablanca pourrait atteindre 1 milliard d’euros. Ce n’est pas tout. La presse britannique affirme que le nouveau délégataire du transport à Casablanca fait office désormais d’un véritable moteur de croissance pour National Express group, maison mère anglaise de la société Alsa. Mais le secteur des transport en commun est loin d’être une exception. Les capitaux britanniques se positionnent également dans le secteur stratégique des banques et de la finance. Cette fois-ci ce ne sont pas des capitaux privés mais un organisme public britannique qui se positionne.

Ainsi, CDC Group, l’une des institutions de financement appartenant au gouvernement britannique, vient de prendre une participation dans une grande banque marocaine. Dans le détail, l’Autorité marocaine du marché des capitaux (AMMC) avait annoncé il y a quelques semaines que CDC Group déclare avoir franchi à la hausse, début novembre, le seuil de participation de 5 % dans le capital de BMCE Bank of Africa (BOA). Ainsi, le groupe britannique détient 5,37% du capital de la banque, soit 10.723.555 actions. CDC Group déclare vouloir également siéger au conseil d’administration de la banque. Toujours dans le domaine de la finance, le hub financier de Casablanca, Casa Finance City, est relié depuis 2012 par un accord de partenariat avec «the City UK», organisme de promotion et de coopération de la place londonienne. Il faut préciser que la City de Londres est l’une des plus grandes places financières au monde sans oublier le territoire de Gibraltar également très actif dans le domaine de la finance. A noter enfin que les deux gouvernements marocain et britannique viennent de signer un accord d’association en perspective de la sortie de la Grand-Bretagne de l’Union européenne après l’organisation des prochaines élections législatives anticipées convoquées par le Premier ministre démissionnaire (voir encadré page 5).

Accord

Un accord d’association a été dévoilé par Rabat et Londres fin octobre dernier pour assurer la continuité des échanges bilatéraux après le Brexit. En effet, le ministre des affaires étrangères, de la coopération africaine et des MRE, Nasser Bourita, et le secrétaire d’État britannique chargé du développement international, du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord, Andrew Murrison, ont signé l’accord d’association entre le Maroc et le Royaume-Uni le samedi 26 octobre dans la capitale britannique.

Selon la diplomatie marocaine, l’accord restitue, dans le contexte des relations bilatérales entre le Maroc et le Royaume-Uni, l’ensemble des avantages que les deux pays s’accordaient mutuellement dans le cadre de l’accord d’association Maroc-UE.

Selon la même source, ledit accord doit également assurer une transition harmonieuse, qui maintient la fluidité des échanges et garantit leur sécurité.

Il faut préciser que le Maroc est le deuxième pays africain (après la Tunisie) et le troisième pays arabe (après le Liban) à signer cet accord avec le Royaume-Uni sachant que l’accord n’entrera en vigueur qu’après la sortie officielle du Royaume-Uni de l’Union européenne.

OBNi for Morocco

Il s’agit d’un programme lancé en 2012. Cette initiative est le fruit du partenariat de la Chambre de commerce britannique & UK Trade and Investment. Elle a pour but de renforcer les capacités du réseau britannique mondial de support au B2B sur 41 marchés émergents dont le Maroc.

Concrètement, il est question de doubler les exportations annuelles britanniques pour atteindre un milliard de pounds en 2020 et faire du Royaume-Uni le destinataire n°1 des investissements étrangers émanant des marchés émergents. A noter que la Chambre de commerce britannique au Maroc est l’une des plus anciennes.

Créée en 1923, elle vise à développer le volume des échanges entre le Royaume-Uni et le Maroc et d’étendre les opportunités d’affaires dans chaque marché par le biais des services de soutien, de sensibilisation, d’information, de réseautage et d’affaires.

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