Bruxelles relève nettement ses prévisions de croissance pour 2010

Bruxelles relève nettement ses prévisions de croissance pour 2010

La Commission européenne a nettement relevé lundi sa prévision de croissance pour la zone euro en 2010, à 1,7%, tout en prévenant que la reprise «reste fragile» et que l’activité devrait ralentir au deuxième semestre. Dans sa précédente estimation, datant du mois de mai, Bruxelles tablait seulement sur une augmentation du Produit intérieur brut (PIB) de 0,9% cette année dans les 16 pays partageant l’euro, après un recul record de 4,1% en 2009. Bruxelles a notamment revu en hausse sa prévision pour les deux premières économies de la zone euro. Pour l’Allemagne, elle table désormais sur une croissance nettement meilleure, de 3,4% (contre 1,2% avant) et pour la France sur 1,6% (contre 1,3%). Pour justifier son optimisme, la Commission invoque avant tout «un meilleur premier semestre que prévu», avec une croissance «particulièrement forte au cours du deuxième trimestre et plus alimentée par la demande intérieure qu’on ne le prévoyait». La santé de l’économie allemande a dopé au deuxième trimestre la croissance de la zone euro, qui a été de 1%, selon des chiffres publiés cet été, soit mieux que prévu par les économistes. La Commission espère «des retombées partielles de cette dynamique sur le second semestre». Elle a aussi revu en hausse sa perspective de croissance pour le troisième trimestre, à +0,5% (contre 0,2% avant). «L’économie européenne est clairement sur la voie de la reprise, plus fortement que prévu au printemps, et le redressement de la demande intérieure est de bon augure pour le marché de l’emploi», a souligné le commissaire européen aux Affaires économiques Olli Rehn dans un communiqué. «Des incertitudes demeurent cependant, et la sauvegarde de la stabilité financière et la poursuite de l’assainissement budgétaire restent les priorités essentielles», a-t-il mis en garde, alors que le risque d’une crise bancaire en Irlande, où le secteur est surendetté, suscite une inquiétude grandissante dans la zone euro. Parmi les incertitudes qui pèsent sur la reprise, la Commission pointe notamment «l’évolution inégale entre les Etats membres». Bruxelles, qui publie ses prévisions actualisées pour les sept plus grandes économies européennes, souligne que l’Allemagne et la Pologne, pour laquelle elle prévoit aussi une croissance de 3,4%, «se montrent les plus performantes». En revanche, elle prévoit toujours un recul du PIB pour l’Espagne, de 0,3%, à peine moins fort que celui attendu jusque là (-0,4%). Pour l’Italie, elle prévoit une croissance moins forte qu’en Allemagne ou en France, de 1,1% (contre 0,8% avant). «Cette inégalité reflète les différences entre les structures de production, l’ampleur des défis d’adaptation et le rééquilibrage continu au sein de l’UE et de la zone euro», indique Bruxelles. L’exécutif européen souligne aussi que «le ralentissement de l’économie mondiale» attendu au second semestre de l’année devrait conduire la croissance européenne à «fléchir au second semestre de l’année 2010». Par ailleurs, une demande extérieure plus faible et des nouvelles tensions sur les marchés financiers ne peuvent être exclues, tandis que l’assainissement budgétaire pourrait peser plus lourd que prévu sur la demande intérieure dans les pays concernés, estime-t-il.

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