Cadrage : Foot et tourisme

Tout est suspendu au Maroc aux résultats du samedi 15 mai qui marque le rendez-vous du vote décisif de la FIFA pour l’organisation de la Coupe du monde 2010.
Candidat favori plus que jamais selon les échos qui arrivent de toutes parts, le Royaume mise énormément sur cette manifestation dont il a fait une formidable opportunité pour opérer son décollage économique et le rêve de toute une nation en quête d’un grand projet de société. Les Marocains de l’intérieur et de l’extérieur, qui y croient, retiennent leur souffle.
En somme, 2010 est une combinaison de tous les espoirs pour un pays déterminé à rejoindre le peloton des nations développées. 2010 coïncide aussi avec le pari marocain pour accueillir à cette échéance 10 millions de touristes, histoire d’augmenter ses recettes en devises. C’est légitime. Or, ce pari, semble pour le moins difficile à réaliser étant donné que le Maroc a du mal, depuis plusieurs années, à franchir la barre de 3 millions de visiteurs. Premier pôle émetteur de touristes en direction du Maroc, le marché européen risque de connaître un certain ralentissement pour les années à venir à la faveur de l’entrée le 1er mai 2004 de 10 nouveaux pays dans l’Union européenne. Cet élargissement pourrait se faire au détriment de la destination Maroc en ce sens où Français, Allemands ou Italiens seraient tentés par la découverte des attraits des nouveaux partenaires, plutôt que de réserver leurs séjours à Marrakech, Ouarzazate ou Agadir. Comme quoi, les projections à moyen ou à long terme ne résistent pas à la réalité de l’industrie des loisirs qui reste à la merci de paramètres souvent imprévisibles.
Cela dit, le défi de 10 millions de touristes et de l’infrastructure hôtelière, qui doit l’accompagner, est jouable si le Maroc accueille sur son sol le Mondial 2010. Quelle meilleure publicité qu’une compétition aussi prestigieuse. Ce serait un formidable levier pour le secteur pour les années suivantes en termes de flux touristiques. Un nouveau Maroc bien avant 2010 est censé sortir de cette dynamique footballistique au plan aussi bien des infrastructures que des ambitions.
Si qu’à Dieu ne plaise, la victoire tant attendue n’est pas au rendez-vous, il ne faut pas que le moral des Marocains s’en ressente. Bien au contraire. Rien à regretter dès lors que le pays aura tout tenté et tout mobilisé, en ne laissant rien au hasard pour que ses espoirs ne soient pas déçus au bout de la troisième tentative. La vie continue et le pays doit se mettre au travail en ne comptant que sur lui-même et sur ses propres potentialités pour initier un processus de développement à la hauteur de ses attentes, comme s’il devrait organiser la Coupe du monde.

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