Cadrage : Mauvaise publicité

Dans le journal de 20 heures du TF1 du mercredi 17 février 2004, il était question de Marrakech. Non pas pour louer ses charmes et sa douceur de vivre, mais pour montrer un hôtel au centre d’une imposture qui a fait des victimes parmi des touristes français il y a quelques années. Mesurez l’effet néfaste de cette affaire ainsi médiatisée en France sur les flux des visiteurs de l’Hexagone en direction du Maroc.
Le tourisme a son arnaque cinq étoiles. Elle s’appelle le time-share quand celui-ci n’est pas réglementé. La salle de conférence de l’hôtel en question, qui a pignon sur rue dans la ville ocre, a abrité l’opération qui, à première vue alléchante, s’est transformée en véritable mystification.
Consistant à acheter un droit de séjour d’une ou deux semaines par an, à temps ou à vie, dans un complexe de vacances au Maroc ou à l’étranger avec la possibilité de l’échanger dans une bourse internationale spécialisée, le time-share a donné lieu à beaucoup de plaintes de la part d’acquéreurs s’estimant grugés. Mais ces dernières aboutissent rarement en raison de l’internationalisation de ce phénomène, ce qui rend complexes les procédures juridiques.
Pointées du doigt les méthodes de vente utilisées par les promoteurs de cette soi-disant formule de vacances pour arracher aux clients la signature du contrat, sans possibilité de réflexion ou de rétraction.
Alertés par la multiplicité des réclamations liées à cette pratique, nombre de pays, comme la France, ont encadré depuis longtemps (dès les années 70) le time-share en mettant en place une loi nationale qui protège suffisamment le client d’éventuels abus. Résultat : cette formule a fait ses preuves dans des pays comme la France et les Etats-Unis. Pas au Maroc où existe dans ce domaine un vide juridique sidérant. C’est ce qui a encouragé d’ailleurs l’apparition, voire la prolifération d’escrocs à Marrakech, Casablanca et Agadir qui profitent de la crédulité des touristes en séjour au Maroc, pour leur faire signer avant de disparaître dans la nature des contrats bidon dans des conditions très sujettes à caution sans délai de rétraction ni possibilité de remboursement. Scandaleux !
Le ministère du Tourisme marocain promet de réglementer le time-share depuis 1999. Rien jusqu’ici !
En attendant, le time-share à la marocaine continue de faire des victimes en dehors de l’absence de tout contrôle ou de réaction des autorités de tutelle. Une situation qui risque fortement de ternir l’image touristique du pays à l’étranger à un moment où celui-ci mise sur le tourisme comme secteur à fort potentiel de développement. Ce n’est pas en tout cas avec un tel laxisme que le Royaume accueillera 10 millions de touristes à l’horizon 2010.
Les touristes français qui furent arnaqués à Marrakech n’en démordent pas. Ils réclament toujours réparation du préjudice financier subi. Le fait que l’affaire soit évoquée dans le journal télévisé le plus suivi de France représente une mauvaise publicité pour le Maroc.

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