Cadrage : Un cachet à 700 millions

Le blocus du projet Casa City Center par l’Agence Urbaine de Casablanca se veut fondé. Au nom d’un plan d’aménagement vieux de plusieurs décades, souvent contourné par des dérogations, cette autorité oppose son veto à l’un des chantiers touristiques les plus importants de la capitale économique. Un projet que l’on croyait définitivement ficelé quand à la suite d’Accor, la BMCE et la BCM apportaient leur pierre à l’édifice. Un chantier attendu pour engagé quand en août 2003, l’ex-wali Driss Benhima donne son avis favorable, confirmé bien vite d’ailleurs par son successeur Mohamed Dryef.
Une affaire que l’on croyait réglée quand en avril 2004, à la suite de Fatallah Oualalou et de Adil Diouiri, d’éminentes personnalités célèbrent dans l’optimisme la pose de la première pierre.
Que manquait-il pour commencer les travaux ? Le Casa City Center bénéficiait de la bénédiction de la commission régionale d’investissement, de la wilaya et du Conseil de la ville. Rappelons que la Commission régionale regroupe tous les intervenants, y compris l’Agence urbaine. L’instance étudie les plans, appose des remarques et rend ses conclusions. C’est d’elle qu’Accor a obtenu le fameux sésame pour démarrer ses travaux. C’est fort de ce feu vert que l’entreprise a engagé des travaux de terrassement. Aujourd’hui tout est arrêté.
L’Agence urbaine dont le bureaucratique service de la communication se réfugie dans le silence à propos du dossier, invoque certains manquements dont un petit chemin pour piéton obstrué. L’Agence urbaine a sans doute eu raison de se préoccuper de la quiétude des piétons et du sommeil d’un saint entouré dans les parages.
Mais, l’on peut se demander bien évidemment pourquoi cette instance a mis plus de six mois pour sévir ? Pourquoi attendre que les travaux soient engagés, que des millions soient engloutis pour crier au loup ? Depuis l’arrêt des travaux, les bonnes volontés se suivent. Mais ni l’autorité locale, ni le ministre du Tourisme, ni même la Primature n’arrive à débloquer le projet. Contre sa demande de poursuivre les travaux mais seulement avec des engagements écrits, des garanties solides, Accor n’a pour le moment pu recueilli que des propos de sympathie et des encouragements par-ci et par là. Évidemment, on ne se lance pas dans de tels travaux avec seulement des bonnes intentions.

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