Cadrage : Un écureuil vous manque…

Rarement on a vu dans l’histoire de la Finance du Maroc indépendant une Banque aussi mobilisée pour défendre ses acquis et son avenir. Un management au complet qui défend son bilan avec résolution et un président galvanisé, remonté à bloc, dans une posture offensive qui trace le cap et martèle ses convictions. Le refus des autorités monétaires de permettre l’entrée dans le capital de la BMCE du groupe français des Caisses d’Épargne a eu comme effet collatéral, au-delà du fond de la question, de permettre à la BMCE de se réveiller d’une longue léthargie, notamment en matière de communication, de relire son histoire et de reformuler son identité. Rarement aussi, on a vu le président Othman Benjelloun en capitaine d’équipe, monter au créneau avec autant de fougue et de vitalité. «La BMCE se porte bien et son président aussi», dès les premières phrases, le ton est donné. Le reste est de la même veine. Un discours ferme qui se joue de la rumeur et qui chasse les idées reçues. La BMCE choisit ses partenaires qui lui apportent une forte valeur ajouté, une cohésion et une complémentarité mais n’est nullement dans la situation d’une vieille fille que sa famille veut marier de force pour la caser. «Désormais même le Code de la famille ne permet plus ce genre de comportement», dit avec une espièglerie inaccoutumée un très haut cadre de la banque. En fait, après le retoquage de l’Écureuil les observateurs commençaient à avancer l’hypothèse que la voie était désormais ouverte à une entrée de la BCM dans le capital de la BMCE. C’était manifestement aller un peu trop vite en besogne tant il est vrai que le management de la BMCE était toujours rétif à un rapprochement de cette nature qui n’est pas, selon lui, fondamentalement porteur d’une valeur ajoutée nouvelle pour cette banque. Le président Benjelloun balaie d’un revers de main ferme toutes les hypothèses qui ne sont pas le produit d’une réflexion endogène de la BMCE. Il maintient le cap, il défend les parts de marché de son groupe et annonce un plan développement ambitieux. Une contre-attaque en règle contre tous ceux qui par «ignorance, incompétence ou parti pris», veulent nuire au Groupe et à son image. Les possibilités au Maroc sont inépuisables. Fort de cette conviction, des milliards de dirhams ont été investis par le Groupe. C’est le moins que l’on puisse faire quand on est «authentiquement marocain» pour son pays et sa jeunesse. L’on constate bien, par conséquent, que l’intervention de Othman Benjelloun s’appuie également sur une vision politique de ses activités qu’il ne veut désormais plus occulter. Que ce soit sur le plan financier, sur la base d’une vision du secteur, que ce soit sur le plan industriel, avec une perception claire de ce que peut être une valeur ajoutée additionnelle à la BMCE, que ce soit sur le plan politique, tous les fronts sont ouverts. La sauvegarde de l’avenir de la BMCE semble mériter, pour son management supérieur, toutes les audaces et même, dans un milieu aussi policé que celui de la banque, toutes les transgressions. «Ce qui se passe autour de l’ONA et la SNI au-delà du fait qu’il surexpose économiquement le Palais, ce qui est assez risqué, ne devrait pas avoir normalement de conséquences sur nous. Sinon ce serait une grave erreur…» Cette confidence iconoclaste d’un cadre de la banque résume à elle seule l’état d’esprit actuel de la BMCE. À la guerre comme à la guerre…

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