Capital investissement : le poids des risques

Après 2000, un exercice hors normes, 2001 est, paraît-il, un exercice de transition pour l’activité du capital investissement en Europe. En effet, les statistiques du capital investissement européen, rendues publiques mardi par l’European Venture Capital and Private Equity Association (EVCA), sont marquées par les effets de la crise que traverse toute la profession, dans le sillage de l’économie.
Cet exercice de transition «permet d’entrevoir une tendance de long terme positive», a souligné Edoardo Bugnone, président de l’EVCA. Les indicateurs affichés par la profession laissent en effet présager que cette activité connaîtra une évolution soutenue sur le long terme. À très court terme, les professionnels du secteur, eux, estiment que le capital investissement connaîtra pour 2002, au vu des premiers signes positifs sur la reprise de l’économie mondiale, un développement extraordinaire.
En 2001, les acteurs du marché européen ont donc au total investi quelque 24,3 milliards d’euros dans 8104 entreprises, soit une baisse de 30% par rapport à 2000. Une chute à relativiser, au regard de l’effondrement, de près de 60%, des investissements américains sur la même période. Le marché européen s’est affiché à ce niveau grâce à un effort considérable des intervenants. Le constat est identique en matière de levées de fonds. Avec 38,2 milliards collectés, les véhicules européens font certes moins bien qu’en 2000 mais affichent quand même la deuxième meilleure performance historique. Pour mémoire, le marché américain a vu ses levées de fonds fondre de moitié en 2001, à hauteur de 100 milliards de dollars.
Bien entendu, le marché britannique continue de dominer nettement le marché européen, notamment en raison d’une activité importante dans les grosses opérations d’arrangements de nouvelles affaires. L’Allemagne, quant à elle, reprend la place de dauphin à la France, avec 4,4 milliards d’euros investis, contre 3,3 milliards dans l’Hexagone. Les provisions sur portefeuille se sont accrues, passant de 0,7 à 2,8 milliards d’euros chez les professionnels européens.
«Une preuve encourageante du nettoyage entrepris par la profession», se félicite Edoardo Bugnone. Mais la morosité de l’économie européenne au courant 2001 est pour beaucoup dans l’évolution du niveau des provisions. Au-delà des statistiques et des perspectives de marché, positives à longue échéance selon lui, le président de l’EVCA revient sur deux thèmes chers à l’association paneuropéenne qu’il préside : la transparence dans le capital investissement et la réglementation évoquée par Bruxelles qui pourrait, certainement, contraindre les fonds de pension à limiter leurs prises de participations dans le private equity (dans des sociétés à capitaux propres privés). Une consultation sur le sujet aura lieu début juin entre la Commission européenne et l’EVCA.

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