Carburants : les bons chiffres de Shell

Carburants : les bons chiffres de Shell

Le géant pétrolier britannique Royal Dutch Shell a surpris jeudi en annonçant des résultats meilleurs que prévu pour le troisième trimestre, notamment dans le raffinage et dans la production, en hausse malgré les perturbations au Nigeria. Le groupe a enregistré un recul de 3 % de son bénéfice net ajusté, à 6,948 milliards de dollars, un résultat toutefois de 1% supérieur aux attentes des analystes. En excluant un gain de 1,7 milliard de dollars issu de la vente au troisième trimestre 2005 d’un gazoduc aux Pays-Bas, le bénéfice net ajusté par action a augmenté de 33% par rapport à l’an dernier. Le chiffre d’affaires a progressé de 10% à 84,254 milliards de dollars. «Ces résultats sont très bons dans tous les domaines mais le sont surtout dans le secteur international du raffinage et de la vente», a réagi un courtier de Londres. La production a également surpris: elle a augmenté de 1% à 3,251 millions de barils équivalent pétrole par jour, alors que les analystes anticipaient un recul de 1 à 2% en raison des fermetures d’installations dans le delta du Niger (sud du Nigeria), causées par les nombreuses attaques de militants séparatistes depuis le début de l’année. Cela a réduit les volumes de 185.000 barils par jour équivalent pétrole au troisième trimestre, explique le groupe. «Bien que les efforts se poursuivent pour rétablir des conditions de sécurité propres à opérer dans le delta du Niger, il est improbable que les installations fermées au Nigeria redémarrent en 2006», prévient Shell. «L’accès limité dans cette région continue d’affecter le programme de forage pour l’avenir et le développement de nouveaux projets», souligne-t-il aussi. Ces pertes de production ont toutefois été compensées par une hausse des volumes provenant des champs Bonga et Erha au large du Nigeria, de West Salym en Russie, de Champion West à Brunei (Asie du sud-est) et de E8 en Malaisie. Shell a réaffirmé son objectif de production de 3,8 à 4 millions de barils par jour en 2009, tout en soulignant "l’important défi" que représente la hausse des coûts de production. Les activités d’exploration et de production ont dégagé un bénéfice de 3,740 milliards de dollars, une baisse de 24% sur un an qui s’explique notamment par l’augmentation des taxes en mer du Nord. Mais selon Merril Lynch, les "très bons" résultats de Shell s’expliquent surtout par les performances "surprenantes" de deux secteurs d’activité: le gaz et les produits pétroliers. La division gaz et électricité a engrangé un bénéfice en hausse de 42% à 787 millions de dollars, notamment grâce aux importants volumes de gaz naturel liquéfié, tandis que les produits pétroliers ont dégagé 2,16 milliards de dollars, 27% de plus qu’il y a un an, en raison d’une accélération de l’activité des raffineries et de meilleures ventes. Shell fait ainsi presque aussi bien que le premier groupe pétrolier européen BP, dont le bénéfice net ajusté a atteint 6,975 milliards de dollars au troisième trimestre. 
Au sujet du projet géant de Sakhaline 2, dans l’extrême-Orient russe, Shell a expliqué qu’il était "terminé à plus de 80%" et sur les rails pour fournir du gaz naturel liquéfié en 2008. Son coût reste inchangé par rapport à l’estimation doublée en juillet 2005 à 20 milliards de dollars.

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