Cartes Afrique 2017 à Marrakech: Pour une réglementation de l’usage des cartes de paiement digital dans le continent

Cartes Afrique 2017 à Marrakech: Pour une réglementation de l’usage des cartes de paiement digital dans le continent

«Il faut prendre en compte le volet paiement dans les services e-gov». La recommandation formulée, jeudi à Marrakech, par Demba Diawara est susceptible de donner à réfléchir autour de l’usage fréquent du paiement électronique, par le citoyen lambda, en contrepartie des services offerts par l’Etat.

«Pour ce faire, il faut une ouverture qui rend les services e-gov plus accessibles», enchaîne le manager en développement d’affaires du marché africain francophone à UnionPay Maroc lors des 12èmes Cartes Afrique, initiées par i-conférences, en partenariat avec HPS, jusqu’à ce vendredi.

Développement des cartes

Au-delà de sa disponibilité, la carte va, selon M. Diawara, se développer et se faire greffer d’autres services. «L’e-gov doit se rapprocher  des grands réseaux pour développer des services», poursuit-il en donnant l’exemple du Pakistan qui est, selon lui, très avancé en termes d’e-gov. Dans ce pays, une carte multifonctionnelle et digitale offre des services aux retraités, entre autres, qui peuvent utiliser leur pension via cette carte. Une telle illustration est censée inciter à emboîter le pas vu les avancées qui marquent le milieu digital  de par le monde. Encore faut-il que l’univers bancaire adhère à ce changement. Et ce n’est pas tout ! M. Diawara précise que l’opérateur téléphonique Orange ouvrira le mois prochain une banque. «Donc, l’enjeu est en train de changer», commente-t-il en évoquant le problème des taux de bancarisation bas comme c’est le cas au Maroc, qui est à 60%, et en Afrique du Sud.

Quelles solutions ? 

Selon le DG du Groupement interbancaire monétique de l’Afrique centrale (Gimac) au Cameroun, Valentin Mbozo’o, qui estime que le mobile se développe efficacement, des perspectives sont susceptibles d’allier le système bancaire à celui digital. Dans ce sens, M. Mbozo’o prend appui dans les propos de Mohamed Horani, président de HPS Maroc, qui estime qu’il est «difficile d’éliminer le cash», propose la création d’un écosystème qui converge carte, mobile et transfert, ainsi que le paiement par carte est adossé à un compte mobile. D’où l’intérêt de l’ouverture évoquée par M. Diawara. «L’ouverture c’est utiliser les cartes partout. Pour cela, il faut aller vers une réglementation», précise-t-il. Déjà, les projets e-gov existent, selon M. Mbozo’o, mais il faut créer une interopérabilité et des solutions de banques. «La solution c’est créer une carte régionale pour que tout citoyen puisse s’acquitter de ses impôts par exemple là où il se trouve», avance-t-il.

A propos de cette interopérabilité, Jean- Louis Meyer, responsable marketing Europe Solutions bancaires chez Entrust Datacard au Royaume-Uni, «l’administration doit prendre un risque de créer des fintechs ou des sociétés locales pour développer cette activité». A leur tour, les banques doivent, selon lui, proposer des innovations. Le tout en éduquant la population à l’usage de moyens alliant ces innovations à celles électroniques.

Ceci étant, les 12èmes Cartes Afrique mettent le Cameroun à l’honneur. «Cette économie est sans doute l’une des plus résilientes de l’Afrique Centrale et son expérience dans l’utilisation des technologies de la carte pour rapprocher l’Etat des citoyens et améliorer l’inclusion financière reste un modèle à suivre», estime Hassan Alaoui, président d’i-conférences.

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *