CDG-Club Med-BEI : Un ménage à trois

CDG-Club Med-BEI : Un ménage à trois

Pressentie pour prendre la tête d’un pôle d’institutionnels marocains et étrangers dans le fonds mis en place par la CDG et Club Med, la Banque européenne d’investissements pourrait bien jouer un rôle majeur d’intégration entre les deux rives de la Méditerranée. Ce fonds, destiné au financement de projets touristiques et dont la signature a eu lieu à Marrakech, le 12 juin, est piloté par le tandem CDG-Club-Med.
En principe, la Caisse de Dépôt et de Gestion et ses partenaires institutionnels détiendraient 59% du capital.
De son côté, Club Med contrôlera 27% des parts, les 14% restant, seront mis à la disposition d’institutionnels marocains et étrangers. La BEI est dans ce sens amenée à être le chef de fil de ces institutionnels.
La Banque européenne d’investissement s’intéresserait de près à cette structure. Les négociations sont en phase avancée, confirme-t-on aussi bien côté Club Med que côté CDG. Tout sera mis en oeuvre pour que le fonds soit opérationnel au courant de cette année.
L’objectif est au moins de dépasser le cap du milliard de dirhams (sur un total de 1,6) d’ici la fin de l’année. Par ailleurs, l’annonce de la naissance de ce fonds d’investissement intervient presque dans le sillage de l’entrée du groupe hôtelier français Accor dans le capital du Club à hauteur de 28,9% et au moment où, au Maroc, autorités touristiques et professionnels tentent de mettre en place des mécanismes pour le financement des projets touristiques.
D’aucuns diront que la CDG renforce son partenariat avec Club Med à l’heure où la Caisse française des dépôts et consignations se désengage de ce dernier. Il s’agit, apprend-on, d’une simple opération dont le but est la consolidation d’Accor dont la Caisse française est aussi l’un des actionnaires de référence.
Accor devient donc un acteur important au sein du Club Med en déboursant 2,52 milliards de dirhams, devenant du coup «le premier actionnaire du Club » et aussi le premier partenaire industriel de premier plan. Pour la remarque, le financement de cette action passera par une émission d’obligations remboursables en actions ou en numéraire d’un montant de 2,8 milliards de dirhams sur la base d’une obligation à 40 euros par action Accor.
Reste à savoir si ce rapprochement à l’international aura cours au Maroc, notamment entre le fonds Risma, dont Accor est actionnaire majoritaire à hauteur de 45%, et la CDG.
Interrogé sur cette éventualité, les dirigeants d’Accor Maroc déclarent que pour le moment, la question est un peu prématurée mais vu les relations entre, d’une part le fonds Risma et la CDG et, d’autre part, la CDG et le nouveau fonds mis en place, «tout milite pour un rapprochement avec Accor».
La volonté politique de Robert Riznik et de Marc Thépot pour un rapprochement avec la CDG dont un hôtel, le Sofitel Jadida est géré par le groupe français, servira certainement de catalyseur à un tel scénario de rapprochement.
«Nous comptons beaucoup sur cette nouvelle géographie pour relever notre niveau de collaboration en matière de finances, de gestion et de commercialisation », déclare Marc Thépot.
La CDG, quant à elle garde la «main tendue», selon les propos de son directeur général, Mustapha Bakkoury qui laisse ouverte la porte pour d’éventuels partenariats avec des groupes internationaux en ce qui concerne ses établissements en difficulté.

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