Ces lauriers d’or qui ne leurrent personne

Qui sera le prochain sur la liste ? Après le Kenzi Farah, la villa Rosa, le Restaurant Diafa à Marrakech, et entre autres, l’agence Bo Voyages à Agadir, l’hôtel El Minzah à Tanger, Au Pied de Chameau à Paris, et, soit dit en passant, des hommages et distinctions à l’adresse de quelques organes de l’administration et des écoles hôtelières,c’est au tour d’Imperial Holidays à Marrakech de bénéficier de la distinction du «prestigieux» laurier d’or du prestige international décerné par la Fédération internationale du tourisme.
Cet établissement d’à peine 4 étoiles, n’a pas encore soufflé ses trois bougies. Situé en plein centre-ville de Marrakech, il adhère à l’occasion dans cette «prestigieuse fédération», qui dans sa méthodologie d’action, dit procéder à la distinction d’un établissement sur la base des avis des TO, des agences de voyages et des touristes envoyés incognito. L’hôtel admis dans cette fédération peut compter sur sa base de données, et son réseau dense.
Notons pour complément d’informations (utile pour les hôtels tentés par l’aventure) que faire partie de la FIT se règle aussi, en plus des critères à remplir, en espèces sonnantes et trébuchantes. Un propriétaire de restaurants à Marrakech s’est vu proposer l’année dernière, l’adhésion de ses deux établissements à deux fois (50 000 FF (soit 4000 euros par restaurant). Ce professionnel à qui il a été proposé par la suite un abattement de 10 000 FF, «reliquat qui sera entièrement prise en charge par la FIT », a vite fait de révéler à la presse une transaction somme toute normale. En fait, ce ne sont pas les étoiles d’or qui sont payantes, mais l’adhésion. La décision de la «commission d’admission » de la FIT est souveraine.
La méthodologie d’action de cette fédération est toute simple : elle consiste à organiser d’une manière «bénévole » une cérémonie de remise de trophée réservée aux adhérents. Cela après un test anonyme, et décision pesée et soupesée. Certainement, comme le note un hôtelier, il y a eu dans l’histoire de cette prestigieuse fédération, des hôtels et des établissements touristiques dont la dermande a été rejetée.
La fédération internationale du tourisme existe depuis 37 ans dans 17 pays. Au Maroc, dès les années 70 et la distinction décernée au restaurant de la Mamounia, on n’en entendait plus parler.
Mais après un long intermède, la FIT s’est rappelée au bon vieux souvenir des établissements hôteliers marocains. Depuis le mois de septembre 2002 et une visite à Marrakech du président eric Deluc, qui se prévaut d’une expérience d’hôtellerie et de restauration de plus de 25 ans, accompagné d’une délégation assez fournie, dont Lahcen Glif, marocain et spécialiste du Maroc, les distinctions ne cessent de pleuvoir. Les mauvaises langues y voient naturellement une histoire de sous.
«Ces étoiles sont attribuées rubis sur ongle», s’insurge un hôtelier qui requiert l’anonymat et qui ne veut pas faire la différence entre une distinction, faite «sur la base d’une sélection rigoureuse, et de l’avis de clients anonymes, envoyés à l’improviste dans l’hôtel et une adhésion payante comme chez la plupart des associations. Et de citer le cas de cette enseigne tangéroise qui aurait intégré l’association en s’acquittant d’un droit d’adhésion de 38 000 dirhams, transférables en euros.
Bref, la FIT, qui opère au Maroc en toute transparences ne cesse de faire parler d’elle. Rappelons que lors de la distinction du restaurant au Pied du Chameau à Paris, les mêmes polémiques ont ressurgi. S’agit-il d’une petite cabale lancée par des opérateurs jaloux du succès de leurs concurrents ou d’un vrai problème ? La FIT est- elle reconnue par les autorités françaises, par le ministère marocain du Tourisme ou des organismes indépendants ? Questions auxquelles il faudra un jour ou l’autre répondre. Faute de quoi, elles planeront toujours sur ces étoiles.

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