Cession officielle de la BMAO

La cession de la Banque Marocaine d’Afrique et de l’Orient (BMAO) en faveur du Crédit Agricole est désormais officielle. Le protocole de cession ayant été signé le mardi 22 juillet dernier entre la BNDE, qui détient la BMAO à hauteur de 91%, et la banque verte, aussi bien la banque que le réseau ont été transférés. Le prix de cession de l’ensemble de ces actions a été fixé, comme l’avait prédit notre confrère La Vie Economique, au dirham symbolique. Et pour cause, les comptes de la BMAO sont loin d’être sains. Le protocole prévoit la cession de l’ensemble des actions détenues par la BNDE au plus tard avant le 31 décembre 2003. Il prévoit également la prise en gestion effective de la BMAO à partir de la date de signature de ce protocole. L’objectif recherché par cette opération est double : d’une part, accélérer le processus visant le redéploiement de la BNDE en tant que banque d’affaires adossée à la CDG, ce qui implique la cession de la totalité des actions et des actifs qui ne sont pas nécessaires aux métiers d’une banque d’affaires et, d’autre part, permettre la constitution d’un groupe bancaire plus performant et plus cohérent. Même si des considérations politiques ont bien été à la base de cette opération, pour le Crédit Agricole, des gains immédiats sont à enregistrer. Il s’agit essentiellement de l’extension de son réseau d’agences en milieu urbain ainsi que de l’amélioration da sa part de marché. Quelque 37 agences, réparties entre 26 et 11 agences respectivement de la BMAO et de la BNDE, toutes implantées dans les zones urbaines, seront intégrées au Crédit Agricole. Avantage : la possibilité pour le Crédit Agricole de drainer des ressources et de les réorienter vers le monde rural. Une amélioration de l’ordre 3,99 milliards de DH des ressources clientèle, hors-MRE, est également attendue. Ce qui représente une augmentation de 2% des parts du marché du Crédit Agricole. Le principe de « solidarité de place » a donc bien fonctionné. La BMAO, structure au bord de la faillite qui a longtemps fait figure de véritable bombe à retardement, est ainsi sauvée par une structure qui n’était pas moins en mal d’un nouveau souffle. De quoi confirmer par ailleurs que la banque verte mène à bien son plan de restructuration. Cela dit, des zones d’ombre ne sont pas moins à relever dans cette opération. A commencer par le sort réservé aux actionnaires minoritaires au sein de la BMAO. Sachant que la fusion BNDE et BMAO, qui devait avoir lieu il y a quelques années, avait été avortée par ces derniers et que une OPA n’est plus une obligation étant donné que la BNDE a récemment été radiée de la Bourse de Casablanca . A cela s’ajoutent les résultats des audits menées par plus d’un organisme (entre autres le ministère des Finances et la CDG) qui demeurent inconnues. Sans parler des détournements et des malversations dont avaient fait l’objet les comptes de la banque. Un premier trou de 220 millions de DH aurait été découvert au terme de l’audit diligenté par le ministère des Finances.

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