Chami courtise les grands groupes

Dans son ensemble, le nouveau projet de réforme des statuts de la Confédération générale des entreprises du Maroc, présenté mardi dernier après la réunion du Conseil national du patronat, ne fait pas l’unanimité de ses membres, notamment les fédérations et les associations professionnelles.
Un des points objets de désaccord: le principe de la proportionnalité. Autrement dit, le nombre de voix en fonction de la cotisation. Contacté par ALM, le président de la Fédération des PME-PMI, Hamed Kessal, a fait savoir que l’application de cette mesure fausserait le jeu démocratique. « Nous demandons une voix, une entreprise.
Et nous ne sommes pas les seuls à revendiquer cela.  Les autres Fédérations aussi », a tenu à préciser ce dernier. Les amendements apportés par la Fédération ne se limitent pas uniquement à l’aspect cotisation-voix, mais s’étendent également au maintien de l’adhésion à deux fédérations, à l’implication de l’élite régionale dans la gestion de la Confédération, sans oublier le principe de la cooptation, qui sera, désormais, soumis au vote secret. « Nous, en tant que Fédération, nous demandons 10% des cooptations », a ajouté Kessal. Joint par téléphone, le président de la CGEM, Hassan Chami, dont le mandat prendra fin le 30 juin 2006, a tenu à souligner que les PME-PMI et les associations professionnelles n’ont pas à s’inquiéter: « Nous avons fait une simulation. Et je peux vous dire, aujourd’hui, que l’ensemble des PME-PMI et associations professionnelles vont disposer de 75 % des droits de vote, contre 25 %, seulement, pour les grosses pointures ».
Encore faut-il que les fédérations et les associations professionnelles jouent la même partition. « Si elles sont homogènes, elles pourront faire le bon et le mauvais temps », a déclaré ce dernier. À en croire le président de la Confédération générale des entreprises du Maroc, l’avenir s’annonce radieux pour les petites structures et les associations professionnelles. Elles qui, qui pendant longtemps, étaient exclues des centres de décision. Souvent accusées, notamment par la CGEM, de ne pas vouloir jouer le jeu de la transparence, les petites structures disent qu’elles n’ont plus rien à cacher.  Dans un contexte mondial, marqué, notamment, par les mutations économiques et la mobilité des entreprises, les PME-PMI demandent, plus que jamais, l’assistance et le soutien des poids lourds dans leur politique de restructuration et de modernisation, comme n’arrête pas de le répéter le président de la Fédération des PME-PMI. « Nous souhaitons qu’il ait une synergie entre les petites et grandes entreprises. Les PME-PMI ont besoin qu’on les accompagne dans leur processus de modernisation», a confié celui-ci. Pour les plus sceptiques, la modification des statuts pour une meilleure cohabitation avec les grands groupes n’est pas innocente.
« Si les grandes entreprises veulent soutenir financièrement la Confédération, qu’ils le font, mais pas en contre-partie de voix », a confié une source proche du dossier. Visant à élargir le cercle de la représentativité, la nouvelle copie des statuts de la CGEM a été soumise à l’appréciation de la Commission Droits de l’entreprise.
Un groupe de travail a été constitué au sein de cette Commission et dont la mission sera d’étudier et d’examiner les modifications apportées au statut de la Confédération en attendant la tenue de l’assemblée générale extraordinaire prévue le 19 avril prochain. En proposant son projet de réforme des statuts, la CGEM veut instaurer une certaine égalité entre ses membres, d’ailleurs les petites et moyennes entreprises y croient dur comme fer, mais qu’en pensent les grands bonnets ?

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