Change : L’Europe critique la Chine

Les ministres des Finances de la zone euro ont concentré leurs critiques sur la Chine, lundi soir, à propos de l’appréciation spectaculaire de la monnaie unique, faute de pouvoir se mettre d’accord sur un message dur à l’encontre des Etats-Unis ou du Japon. Réunis au sein de l’Eurogroupe à Luxembourg, ils ont annoncé une visite au sommet et sans précédent en Chine «d’ici la fin de l’année» pour évoquer les problèmes de change avec Pékin, au moment où la monnaie unique grimpe par rapport non seulement au dollar mais aussi au yuan.
La délégation comprendra les trois principaux dirigeants économiques de la zone euro: le président de l’Eurogroupe, le Luxembourgeois Jean-Claude Juncker, le président de la Banque centrale européene Jean-Claude Trichet et le commissaire européen aux affaires économiques Joaquin Almunia. Cette visite aura pour objet en particulier de parler avec les autorités chinoises «des questions de change», a souligné M. Juncker devant la presse à l’issue de la réunion. La Chine est régulièrement accusée de maintenir sa monnaie à un niveau artificiellement bas pour soutenir ses exportations et sa croissance économique. Ce qui pousse l’euro à la hausse par contrecoup. «Il est souhaitable, dans les économies émergentes disposant d’excédents des comptes courants importants et grandissants, notamment la Chine, que leurs taux de change effectifs évoluent de manière à ce que les ajustements nécessaires aient lieu», a affirmé l’Eurogroupe.
«La Chine et d’autres économies émergentes devraient introduire davantage de flexibilité dans leur gestion des taux de change», a dit, mardi matin, M. Almunia.
«C’est bon pour la croissance de la Chine, pour rééquilibrer la croissance, pour augmenter la demande intérieure», a-t-il poursuivi. «Et c’est bon pour la réduction des déséquilibres mondiaux pour tout le monde, pour tous les acteurs majeurs dans l’économie mondiale». Plus largement, les treize pays de la zone euro ont estimé que les taux de change «devraient refléter les fondamentaux économiques et que la volatilité excessive et les mouvements désordonnés sur les marchés des changes sont indésirables». Ils entendent soulever cette question lors d’une réunion du forum des pays industrialisés du G7 prévue le 19 octobre à Washington.

Sophie Laubie (AFP)

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