Chômage et déficits: Lahlimi décortique le modèle économique marocain

Chômage et déficits: Lahlimi décortique le modèle économique marocain

Si le Maroc a pu dépasser le cap de la crise économique et financière mondiale, c’est grâce à son tissu productif relativement diversifié et à son agriculture moins soumise aux aléas du climat. Voilà comment Ahmed Lahlimi Alami, haut-commissaire au Plan, voit les choses. «La croissance du PIB non agricole plus sensible à la récession européenne a perdu, entre 2008 et 2014, 1,2 point en moyenne.

Celle du PIB global, tirée par l’investissement et la consommation finale, n’en a perdu que 0,6», a-t-il déclaré dans un entretien accordé à l’hebdomadaire international «Les Afriques». Et de poursuivre: «la création d’emploi est restée, cependant, relativement soutenue par les services, le BTP et l’agriculture, stabilisant le taux de chômage autour de 9%.

En revanche, ce modèle de croissance a eu, compte tenu du faible taux d’épargne nationale, comme corollaire d’accentuer les déficits du budget et de la balance des paiements et d’accroître la dette extérieure publique et la dette totale du Trésor».

Par ailleurs, M. Lahlimi Alami n’a pas manqué de rappeler qu’il faut convenir que, pour le Maroc, la grande réforme constitutionnelle et la démocratisation, en cours de ses institutions nationales et régionales constituent le principal pari d’une amélioration de sa compétitivité globale. Aussi, sur le plan économique, les recommandations du FMI de redoubler d’efforts pour produire plus de croissance et résorber davantage le chômage, rejoignent, du reste, largement celles formulées depuis longtemps par le HCP. «Parmi celles-ci, la réforme du système des subventions est déjà largement entamée et celle du système des retraites est en instance de l’être.

Les réformes de la fiscalité et du mode de gestion et de rémunération de l’administration restent, il est vrai, encore au niveau des intentions», a relevé M. Lahlimi Alami. Pour lui, d’ores et déjà, les déficits jumeaux s’atténuent nettement depuis 2012 et le taux d’endettement public se stabilise. Ces évolutions ont vocation à libérer le potentiel d’investissement privé national et étranger pour prendre plus largement le relais de l’Etat dans ce domaine.

Dans le même sillage, la dynamique que connaissent certaines branches de l’industrie, la modernisation de l’agriculture et des services et la volontariste promotion des énergies renouvelables sont appelées, dans ce cadre, à prendre plus d’ampleur et, dans la durée, créer des emplois directs et indirects plus pérennes et de meilleure qualité.

Sur un autre niveau, commentant le fait que ce ne sont pas seulement la croissance qui est à la peine et le taux d’endettement public qui ne cesse d’enfler, passant de 79,7 à 75,5% sur les 2 dernières armées, M. Lahlimi Alami réaffirme que le modèle de croissance du Maroc dans le contexte de la crise mondiale a eu comme corollaire l’augmentation de l’endettement public.

En effet, celui-ci, par son soutien à une politique budgétaire expansionniste, a d’une certaine manière  contribué à soutenir la dynamique de la consommation des ménages et maintenir à un faible niveau d’inflation. Dans ces conditions, le pouvoir d’achat des ménages a continué à s’améliorer même si, en moyenne, son rythme de croissance est passé de 3% entre 2008 et 2010, à près de 2% entre 2011 et 2014.

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