Chômage : Youssoufi active la cadence

Abderrahmane Youssoufi continue sur sa lancée. Après avoir reconnu publiquement que les performances économiques réalisées par le gouvernement d’alternance n’ont pas pu absorber la flambée du chômage, le Premier ministre compte prendre en mains le dossier de la réinsertion des chômeurs dans la vie active.
A la veille des élections, ce chantier représente des enjeux stratégiques. Dans cette optique, le chef du gouvernement a demandé à son conseiller aux Affaires sociales, Driss Guerraoui, de recevoir les représentants de deux groupes de chômeurs : le premier, porte-parole des personnes bénéficiant d’une qualification quant au second, il représente les chômeurs souffrant d’handicaps physiques. Le timing de cette rencontre n’est pas le fruit du hasard. Elle intervient suite à l’intervention musclée des autorités pour mettre fin à la «marche pacifique» entamée par les diplômés chômeurs dans la capitale. Cette manifestation a pris une tournure dramatique. Ce qui explique d’ailleurs l’organisation de la rencontre dont l’objectif primordial a été de calmer les esprits.
Au cours de cette réunion, les membres du premier groupe ont proposé trois solutions pour leur insertion dans la vie active. Du moins, si l’on en juge par les termes d’un communiqué diffusé jeudi par la Primature. La première proposition concerne l’application des dispositions de l’article 1 de la loi-cadre portant sur la formation qualifiante pour l’intégration dans le secteur privé, et ce sur une période de trois mois. La deuxième porte sur la rédaction d’une circulaire par le Premier ministre à l’attention des établissements publics et semi-publics. Cette circulaire doit les inciter à recruter une partie des personnes ayant bénéficié d’une formation professionnelle. La dernière proposition stipule la mise en place d’une commission technique composée des représentants du groupe et ceux de l’Etat afin de suivre de près l’application des décisions.
En ce qui concerne le groupe de personnes ayant des besoins spécifiques, le conseiller du Premier ministre a mis en avant les dispositions concrètes pour la mise en oeuvre immédiate des décisions prises par le chef du gouvernement et qui visent à réserver aux handicapés 7% des postes d’emploi prévus dans les budgets de l’Etat, des collectivités locales et des établissements publics. Notons que dans ce cas de figure, le recrutement s’effectue soit directement ou sur la base d’un concours.
Faut-il pour autant s’attendre à des résultats concrets de la réunion des représentants des chômeurs et ceux du gouvernement ? Rien n’est sûr pour le moment. Il est certain que l’absorption du chômage ne s’effectuera pas par des prises de décision au niveau de l’Etat, mais par l’encouragement à l’investissement. Même si pour l’année 2001, les investissements étrangers se sont établis à 33 milliards de DH, cela n’a pas pour autant empêché la montée fulgurante du chômage aussi bien dans le milieu urbain que dans le rural.

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