Ciel ouvert : Choix large et businessmen choyés

Les voyageurs transatlantiques devraient profiter avec l’accord ciel ouvert de tarifs légèrement plus bas et d’un choix plus large d’horaires, les lucratifs hommes d’affaires bénéficiant en prime d’une amélioration des services et du confort, selon des analystes. «Les prix vont baisser, mais de façon modérée, de l’ordre de 6 à 10%», prédit Didier Bréchemier, consultant du cabinet Roland Berger à Paris. Et seulement au départ de Londres-Heathrow, objet de toutes les convoitises. Cet aéroport, jusqu’ici uniquement desservi à destination des Etats-Unis par les britanniques British Airways et Virgin Atlantic et les américaines United et American Airlines- «devrait voir arriver une pléthore de nouveaux acteurs», estime Yan Derocles, analyste d’Oddo Securities. D’autant plus que les tarifs pratiqués sur les lignes au départ de Heathrow sont largement supérieurs -en moyenne de l’ordre de 15%- à ceux des autres grands aéroports européens. Une guerre des prix sur Londres ne devrait toutefois pas avoir lieu. Déjà très compétitif, le marché de l’Atlantique nord subit un ralentissement depuis près de 12 mois à cause de la crise économique aux Etats-Unis. «Et quand on regarde les marges des compagnies aériennes, on se dit qu’il ne vaut mieux pas qu’elles se livrent à une bataille tarifaire», souligne M. Bréchemier. Les transporteurs souffrent en effet particulièrement ces derniers temps du renchérissement du kérosène. «Sur les autres aéroports, nous ne prévoyons quasiment aucun impact, sauf si un nouveau concurrent devient particulièrement agressif, ce que l’on ne voit pas arriver pour l’instant», ajoute M. Derocles. Les passagers devraient également bénéficier d’un éventail plus large en terme d’horaires. En revanche, peu de routes nouvelles, estiment les analystes. Car peu d’entre elles seraient rentables. Ainsi, Air France-KLM, qui innove dès lundi avec une liaison Londres Heathrow – Los Angeles, dessert ensuite Tahiti. Les grands gagnants de l’accord devraient, de l’avis général, être les hommes d’affaires voyageant au départ de Londres-Heathrow pour les Etats-Unis. «Les compagnies aériennes vont se battre sur le «Premium», résume un analyste britannique. «Le Premium, c’est ce qui fait la rentabilité. Si l’on n’a pas le “premium“, ce n’est même pas la peine de lancer la route. A l’aéroport d’Heathrow, il y a près de trois fois plus de “premium“ que sur les autres routes», souligne M. Derocles. «Actuellement, un homme d’affaires peut prendre toutes les heures un vol British Airways Londres – New York. C’est extrêmement pratique. Si des concurrents veulent gagner des clients, ils vont devoir baisser les prix», argumente le même analyste britannique.
Outre des tarifs plus avantageux, les hommes d’affaires devraient bénéficier de confort et services supplémentaires. «Ils voyageront à bord d’avions plus récents, ce qui n’est pas totalement le cas chez British Airways. Ils auront des cabines réaménagées avec des sièges tout neufs et un programme de fidélisation amélioré», estime un expert du secteur.

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