Ciments du Maroc radiée de la Bourse?

Ciments du Maroc radiée de la Bourse?

Depuis deux semaines, un nouveau menu est servi par la Bourse aux différents investisseurs. Les offres publiques d’achats (OPA) sont désormais le plat préféré des opérateurs boursiers. Les rumeurs d’OPA abondent. Les opportunités ne manquent pas. Mais, la communauté des analystes tire la sonnette d’alarme : il faut faire le tri. « Sont annoncés, le rachat du fabricant de chaussures Aigle par le suisse Maus Frères ; OPA en vue du groupe Mulliez, via sa filiale Otexo, sur le distributeur de prêt-à-porter Brice ; changement de contrôle du laboratoire d’analyses AES, qui tombe dans les mains d’investisseurs financiers. Sans parler du retrait de la cote de Generali France Assurances après une offre publique de la maison-mère Generali, attendue depuis longtemps », fait observer Catherine Bozon, journaliste à la Vie Financière. Dans ce sens, l’approche de deux groupes, bien implantés au Maroc, est à suivre de près. Il s’agit de Ciments français, que sa maison-mère, Italcementi, dément vouloir retirer de la Bourse, tout en profitant de la moindre baisse des cours pour renforcer sa participation ; ainsi que de Club Med, actif non stratégique pour la famille Agnelli (32,5 % des droits de vote) et qui pourrait intéresser TUI (ayant récemment signé une convention avec le ministère du Tourisme), mais trop mal valorisé pour être cédé dans l’immédiat. À y voir de près, Italcementi pourrait bien engager une telle opération. Il en a déjà initié deux auparavant. Une en Grèce alors que l’autre était en Thaïlande. Le 5 septembre 2002, Ciments Français, filiale d’Italcementi Group avait annoncé que 808.139 actions ordinaires ont été apportées à l’offre publique d’achat sur les actions de sa filiale Halyps Building Materials , cotée à la bourse d’Athènes. De plus, Ciments Français a acheté 27.849 actions lors de la mise aux enchères d’actions non dématérialisées qui a eu lieu du 26 au 29 juin; le total des actions acquises était donc de 835.988, ce qui porte la participation de la société à 99,25 % du total de cette classe d’actions. Ciments Français a annoncé que disposant de plus de 95% des deux classes d’actions, il a initié la procédure de retrait de la cote officielle de la Bourse d’Athènes. Auparavant, le 25 février 2002, le Conseil d’administration de Asia Cement Public Company a approuvé une offre publique d’achat portant sur 75,6 millions d’actions de Jalaprathan Cement Public Company, société thaï cotée, représentant 63 % du capital. « Le rapprochement de ses deux sociétés améliorera l’efficacité du dispositif industriel de Ciments Français en Thaïlande», précisait le commentaire de l’actionnaire de référence. S’agissant du Maroc, «Il n’est pas question qu’une telle approche soit appliquée. Ciments Français détient 62 % du capital. Par conséquent, le scénario de ces deux cas cités ne peut être transposable au Maroc», laisse entendre Mme Fassi Fihri, responsable communication des Ciments du Maroc tout en précisant que «les 10 % d’actions, suite au programme de rachat d’actions, ont été détruits». Mais qu’importe la taille des opérations si les plus-values restent alléchantes. Globalement, après trois années de baisse des cours, toute offre publique a des chances d’offrir une belle plus-value. «Et l’on peut parier que de telles opérations vont se multiplier » lance Catherine Bozon en ajoutant « Etant donné le niveau actuel des taux d’intérêt et la fiscalité en France, quiconque lance une offre de rachat financée par endettement bénéficie d’une augmentation mécanique de ses résultats, si son offre capitalise moins de 30 fois les bénéfices de la cible». Pourtant, les réalisations de la société sont palpables. Un demi-siècle d’investissements, tant humains que matériels, a, ainsi, permis à cette filiale d’Italcementi Group de construire sur du solide. De l’extraction des matières premières à la livraison des ciments et bétons, chaque étape du processus de fabrication fait appel à des compétences de haut niveau. Compétences en mesure de tirer le meilleur parti des innovations technologiques. Ciments du Maroc s’est engagé dès 1994 dans une démarche qualité s’appuyant sur une dynamique de management impliquant tous les niveaux de l’entreprise au sein de groupes de progrès .Tous travaillent ainsi en concertation pour l’amélioration des produits et services offerts à la clientèle. Pour l’heure, le président des Ciments du Maroc, Mohamed Chaibi, aura à livrer bataille sur les deux fronts : avec l’actionnaire de référence Italcimenti, et les pouvoirs publics qui viennent de décider de ne pas faire bénéficier les cimentiers de la baisse de la réduction des deux tiers de la TIC. Elle sera versée au Fonds national de solidarité. « Nous avons effectivement répercuté cette baisse de nos tarifs pendant une semaine » précise sa responsable de communication. L’avenir laisse paraître un retour à la case départ. À suivre.

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