Climat : L’aspect humain et citoyen pas suffisamment intégré

Climat : L’aspect humain  et citoyen pas suffisamment intégré

Selon le forum des experts sur les contributions déterminées au niveau national

Comment le Maroc peut-il adhérer efficacement aux contributions déterminées au niveau national (CDN) ? Nombre d’experts réunis à Rabat à l’occasion du Forum des experts sur les CDN pour débattent de la question. Arrêtées lors de l’accord de Paris, les CDN font l’objet d’un débat international afin d’apporter à cette question plus qu’une réponse. Etant l’une des plus importantes rencontres Pré-COP22, le Forum est marqué par la présence de Hakima El Haité, ministre de l’environnement, Nizar Baraka, président du CESE et du comité scientifique de la COP22, ainsi que Philippe Poinsot, coordinateur résident des Nations Unies et représentant du PNUD au Maroc.
Pour ces experts, le Maroc n’est pas encore dans les normes. «Lorsque nous avons fait une évaluation globale des engagements qui ont été pris par l’ensemble des pays lors de l’accord de Paris, le Maroc est largement au-delà des 3°C en termes de réchauffement climatique alors que la norme prévue dans le cadre de l’accord ne doit pas dépasser les 2°C», précise Nizar Baraka. A cet effet, le forum vise à instaurer un cadre favorable à la définition d’orientations sur l’approche de la mise en œuvre des décisions prises lors de la COP21.

Les experts sont tenus, lors de cette rencontre, de définir la meilleure façon d’améliorer leurs engagements afin de pouvoir atteindre les objectifs assignés lors de l’accord de Paris. «Depuis la signature de l’accord, beaucoup d’engagements ont été pris, mais on n’est pas sûr de la capacité de réaliser les différentes contributions», poursuit Nizar Baraka. Et de poursuivre : «A partir de l’analyse des CDN, plusieurs pays se sont contentés de mettre l’accent sur l’aspect infrastructure. Et donc l’aspect humain et citoyen n’a pas été suffisamment intégré, incluant le Maroc. L’objectif actuellement, à travers ce forum, est de développer cet aspect et même d’aller plus loin. Il s’agit là de pousser les pays à intégrer tout ce qui est santé, éducation et sensibilisation par rapport au climat. Ceci permettra aussi peut-être de résoudre la problématique de la migration climatique qui devrait également être intégrée dans les différentes politiques liées à l’adaptation».

Ainsi le forum tenu les 28 et 29 juin à Rabat est une occasion incontournable pour examiner les composantes d’atténuation et d’adaptation des CDN. «Il ne s’agit pas là d’une réunion de négociateurs. Nous sommes là autant qu’experts, représentants civils, citoyens et parlementaires, afin que l’accord de Paris soit intégré efficacement dans tous les pays, et aussi au Maroc», annonce Hakima El Haité.

Et de poursuivre: «On peut ratifier tous les accords, mais si les contributions n’adhèrent pas à une mise en œuvre qui répond à toutes les problématiques, l’accord de Paris ne pourrait pas être une réalité dans le quotidien de chaque pays», conclut la ministre. Ces contributions et points de vue des experts techniques sur ces sujets devraient mener à des recommandations concrètes pour les négociations à la COP22 prévue à Marrakech du 7 au 8 novembre 2016.

Maryem Laftouty
(journaliste stagiaire)

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