CMPE-ONIX : dommage collatéral ?

CMPE-ONIX : dommage collatéral ?

Les fonctionnaires du CMPE sont en grève aujourd’hui. Ils s’insurgent contre le projet de création de l’Office National pour la Promotion des Investissements et des Exportations (ONIX). Et pour cause, ce dernier devra absorber leur organisme dans le cadre de la politique de la mise à niveau du label Maroc. Une politique qui semble produire ses premiers dommages collatéraux. Créé en 1980, le CMPE est chargé de la promotion des exportations des produits industriels, agro-alimentaires, des services et tous produits ne relevant pas du domaine d’intervention d’autres organismes. Il est en outre chargé de la mise en relation commerciale et la diffusion d’offres d’affaires. La création de l’Onix entre dans le cadre de la politique nationale qui vise à rationaliser les ressources publiques. Il s’agit ici de réunir les efforts des différents organismes publics oeuvrant dans le cadre de la promotion des exportations. Cette politique a donné naissance au projet Onix. L’idée consiste à regrouper la promotion des investissements et des exportations dans un établissement unique placé sous la tutelle du Premier ministre. Initialement, le projet devait regrouper outre le CMPE, l’Office Marocain National du Tourisme (OMNT), l’ex ODI, la Maison de l’Artisan et la Direction des Investissements extérieurs (DIE). La version finale du projet n’a retenu que deux organismes : la DIE et le CMPE. Pourquoi ? Pour le comité du personnel du CMPE, « cette configuration est anormale. Elle montre que le projet a dévié de son objectif initial et jette le doute sur les véritables raisons de cette fusion. » Traduction : cette fusion profite à la DIE, en quête de nouvelles ressources financières. Depuis sa création, les trois principales missions de la Direction de l’investissement extérieur (DIE) s’articulaient autour de la veille stratégique, la promotion ainsi que l’accueil et l’orientation des investisseurs. Dans la liste des griefs soulevés par le collectif de cadres « rebelles» du CMPE, la DIE revient constamment. Ces derniers remettent en question la nature même de la fonction de la nouvelle entité. Pour eux, il existe une incompatibilité de fonction entre la promotion commerciale et celle de l’investissement. Il s’agit de deux métiers différents. L’investissement est un environnement qui diffère par sa nature à celui de la promotion commerciale. D’où l’inopportunité d’une telle fusion. Ensuite, le collectif déplore la faiblesse des moyens accordés à la nouvelle entité. Dans sa mouture actuelle, les ressources de l’ONIX proviennent de la taxe parafiscale. Cette taxe qui représente 0,5% d’importations de certains secteurs est la même qui alimente l’actuel CMPE. Certains journaux ont même laissé entendre une tentative de détournement de l’argent du CMPE au profit de la DIE. Le statut des fonctionnaires du futur ONIX suscite également la réprobation des fonctionnaires du CMPE. Ces derniers dénoncent la discrimination faite à leur égard en matière de recrutement. Le projet de texte prévoit en effet, que tous les fonctionnaires de la DIE seront admis automatiquement et sans condition au sein de l’ONIX. Ce qui n’est pas le cas pour ceux du CMPE qui intégreront le futur Office d’une manière sélective. Pour le personnel du CMPE, il s’agit d’une tentative de se débarrasser d’eux. Du côté du ministère de tutelle, on tient à rappeler que la compatibilité des domaines des exportations et des investissements est bien réelle. L’architecture de l’ONIX s’appuierait sur des représentations à l’étranger qui seront les “Maisons du Maroc”. « Ce seront des lieux identifiés qui regrouperont, sous la même enseigne, des produits variés. Tenant compte de la saturation du marché national, tout investissement ne peut se faire que dans un objectif orienté vers l’export », est-il précisé. En matière de moyens, l’ONIX aura un budget de l’ordre de 70 millions de DH qui provient de la taxe parafiscale à l’importation, qui finançait l’ODI, le CMPE et autres organismes. « La fusion desdites entités permettra une meilleure optimisation des ressources, avec un coup nul. Le CMPE a toujours eu à sa disposition des ressources qu’il n’a jamais utilisées », tient-on à préciser du côté du ministère des Affaires économiques. Pour ce qui est du redéploiement des fonctionnaires CMPE, les architectes du projet de fusion estiment que la résistance au changement est le corollaire de toute opération de rapprochement. « Quelquefois, le temps est un facteur déterminant, plus l’opération est vite menée, moins les résistances prennent forme », est-il mentionnée tout en précisant que « jamais l’administration n’a privé ses fonctionnaires de leurs droits, encore moins de leurs acquis. En tout, des cas comme celui de l’Office des foires reste le meilleur exemple ».

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