CNCA : Rendez-vous devant la cour suprême

Les trois C, en l’occurrence la CNSS, le CIH et la CNCA, n’en finissent pas de susciter des remous. Si dans le cadre des deux premières institutions la procédure d’enquête suit encore son cours, du côté de la CNCA, l’affaire prend de l’élan et une tournure tragique. Hier, le verdict a été rendu dans l’affaire où Rachid Haddaoui, ancien directeur général de la banque publique, fut pointé du doigt. Il a été condamné par la Cour spéciale de justice à quatre ans de prison ferme.
Les deux directeurs adjoints ont été, quant à eux, condamnés respectivement à 12 ans et à 7 ans de prison. Parmi les vingt-six autres fonctionnaires et clients de la CNCA poursuivis dans cette affaire, sept d’entre eux ont été condamnés à des peines variant entre cinq et six ans de prison. Les 19 autres ont été disculpés. Selon un membre de la famille de M. Haddaoui, «le jugement prononcé est fondé sur des supputations qui font que le dossier manque de clarté. Il est guidé par des considérations politico-politiques».
Les observateurs soulignent que c’est à la Cour d’apporter les preuves de la culpabilité. En revanche, les avocats ont présenté les preuves de l’innocence de l’ex-directeur général de la CNCA. Le prochain recours de la défense est la Cour Suprême. En attendant que le dernier verdict soit rendu, Rachid Haddaoui continuera à bénéficier d’une liberté provisoire qui lui a déjà été accordée. L’histoire remonte en effet à 1998.
Les premières lueurs signalant un gros scandale financier apparaissaient. Du côté de la CNCA, le préjudice subi principalement entre 1980 et 1995 est estimé à quelque 80 millions de dollars. Quant à elle, la réclusion de l’ancien directeur général de la CNCA fut intervenue en mai 200. La seule charge retenue contre lui invoquait sa complicité dans la dilapidation des deniers publics. Parmi les volets constatés par le ministère public, celui des acquisitions où des manquements ont été établis. Les achats effectués par la Caisse étaient facturés au-dessus du coût réel, et ce, à la discrétion des responsables, notamment le comité régional et les expertises d’évaluation. La recherche de la vérité doit primer, il ne suffit pas de prononcer des peines d’emprisonnement pour résoudre les «failles» des établissements publics.

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