Coca-Cola en ébullition

Coca-Cola en ébullition

La marque Top’s, propriété de la Cobomi, vient de tomber dans l’escarcelle de la North African Botling Compagny (NABC en abrégé), une holding détenue à 70% par  l’espagnol Cobega et à 30% par Coca-Cola international et dont la finalité est le regroupement de tous les embouteilleurs Coca-Cola sous une seule et même bannière. Cette transaction, dont le montant n’est pas dévoilé, permet à Coca- Cola international de se retirer de la vente directe sur le marché marocain, cédant la place  au profit de l’espagnol Cobega.  Aujourd’hui, celui-ci, via son holding NABC, possède les usines Coca-Cola à Casablanca, Rabat, Fès et Marrakech. Une taille suffisante pour barrer la route à la concurrence incarnée par Pepsi Cola, adossé aux Eaux minérales d’Oulmès et, dans une moindre mesure, par Ice, appartenant à la famille Amhal. La montée en puissance du groupe espagnol au Maroc a commencé en 2002, avec le rachat de deux entités,  la Société des Brasseries du Nord (SGBN) et la société des Brasseries du Sud (SGBNS) pour un montant de 850 millions de dirhams. Le prix à payer pour prendre le contrôle des deux  entreprises jumelles qui revendiquent ensemble le quart de la production Coca-Cola au Maroc.
En avril 2003, soit une année à peine après cette opération exceptionnelle, Cobega, loin d’être à bout de souffle,  reprend la bière Castel au terme d’une double transaction. En peu de temps en effet, la SNI  cède la SBM  (Société des Brasseries du Maroc) à l’embouteilleur français Castel qui ne gardera cette manne que quelques mois avant de la placer entre les mains de l’espagnol. Il y avait dans le lot, outre la bière Castel,  les usines  Coca-Cola à Casablanca et à Rabat. Ce patrimoine s’ajoutait aux usines situées à Marrakech et Fès, faisant de Cobega un acteur incontournable sur marché marocain.
En outre, Castel possédait déjà la Cobomi. D’après les indiscrétions et les avis des distributeurs, un accord secret passé entre la multinationale américaine et Castel interdisait à celui-ci de garder dans ses activités la fabrication des boissons gazeuses. C’est là, sans doute, l’explication du recentrage de Castel dans la bière.
En contrepartie de ce désengagement, Coca-Cola international devait racheter la Cobomi et, à travers elle, acquérir Top’s. Cette manœuvre indispensable accroît la mainmise de la multinationale américaine sur le marché de la distribution des boissons gazeuses.
L’opération, officieuse depuis plusieurs mois mais conclue il y a seulement deux semaines, s’est faite sans tambour ni trompette. Ce qui n’est pas dans les habitudes de Coca- Cola Maroc, en conclave cette semaine à Marrakech. Sans doute pour fêter les rapides succès de NABC.  La logique voudrait désormais que, sous la pression bienveillante de Coca-Cola international, Coca Cola Maroc pousse aussi ses deux derniers embouteilleurs encore indépendants, les usines de  Tanger et Oujda (famille Zniber) et celle d’Agadir (famille  Belhacen), à rejoindre la NABC. Ce qui, d’après les pronostics, ne serait qu’une affaire de temps, Coca-Cola étant plus que jamais  attaché à sa philosophie d’«un pays, un embouteilleur». Coca-Cola Maroc est une puissante machine de marketing, un réseau qui se veut reconnu en Europe, ses parts de marché en propension continue, sont estimées à plus de 80%.

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