Comanav : Une approche consensuelle

Ça roule pour la Comanav. L’une des épaves de l’économie marocaine bénéficie d’une enveloppe de 150 millions de DH, afin de remonter à flots. Les orientations du contrat-programme établi par le gouvernement tente dans ces grandes lignes de baliser les retombées de la libéralisation et de mettre en marche un nouveau mode de gestion. Chez les uns comme chez les autres, la sérénité est de mise. La situation est réellement précaire, mais le mécontentement n’est pas de rigueur. Il faut dire que plusieurs facteurs prédestinés, les constats actuels. En effet, la forme juridique de la Comanav, est celle d’une société anonyme dont 67 % du capital est détenu par l’Etat.
Par conséquent, elle figure parmi les établissements publics du pays. Elle souffre de l’ensemble des « maux » dont pâtissent les entreprises marocaines de régime juridique mixte. Le dilemme est de taille. Une structure tiraillée, de par son statut, entre la logique de gestion d’une société de droit public et un objectif de rentabilité et de recette de l’entreprise privée. La limite réglementaire est dominée par des zones d’ombres. Longtemps, l’institution s’est refusée au jeu de la communication. L’appréhension de son mode gestion n’en était que plus opaque.
Depuis 1995, les différents rapports d’audits réalisés par des cabinets externes de renom, tel Arthur Anderson et Technitas, ont révélé les bas-fonds de l’entreprise. L’effondrement de l’édifice est particulièrement souligné par les études des auditeurs. La gestion est passée au crible, elle est démontée de sous tous les angles. Toutes activités de la COMANAV, en matière de gestion évoluent en dépit d’une orientation stratégique. Au niveau de la comptabilité, les comptes arrêtés ne donne aucune visibilité, en raison du défaut d’analyse. D’ailleurs, les responsables de la coordination et du suivi du recouvrement n’ont pas assumé ses fonctions. Il en résulte une méconnaissance du contrôle de gestion, dont les paramètres ne sont pas appréhendés. Cela se répercute tant au niveau des charges que des recettes de l’entité. Encore, un volet et non des moindres, soulignés par les rapports. Il s’agit en l’occurrence de la stratégie commerciale qui demeure hors le coup, notamment à l’export. Autre point. Des charges supplémentaires qui découle de l’importance de la sous-traitance pour le transport des conteneurs, puisque l’armement de la COMANAV est estimé « obsolète » à hauteur de 90 %. Et il reste l’élément essentiel, celui du sureffectif qui seule aujourd’hui semble attirer l’attention des médias. L’autre volet repose sur la libéralisation.
Ainsi, en matière de libéralisation du trafic et l’ouverture des espaces maritimes, il demeure un constat. Ces mesures ont profité le plus aux armateurs étrangers au détriment de leurs homologues marocains. Encore une fois, la fiscalité est pointée du doigt. Il faut dire que les étrangers bénéficient de charges inférieures. Elles tournent autour des 25 %, alors que les armateurs marocains subissent le poids d’une réglementation éparse et lourde. Aspect certainement hors du champ du contrat-programme.

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