Comité de coordination et de surveillance des risques systémiques : Le risque macroéconomique jugé «modéré»

Comité de coordination et de surveillance des risques systémiques : Le risque macroéconomique jugé «modéré»

Légère décélération des crédits bancaires alloués aux entreprises non financières. Ce ralentissement recouvre une diminution du crédit destiné aux entreprises au moment où celui accordé aux entreprises privées affiche une hausse modérée.

Toutefois, le taux de défauts des entreprises non financières se situe toujours à un niveau encore élevé et ce en dépit du léger repli observé. Il s’agit là de l’un des constats faits par le comité de coordination et de surveillance des risques systémiques lors de sa réunion tenue jeudi 5 juillet au siège de Bank Al-Maghrib. Ce comité, révélant globalement un niveau de risque macroéconomique modéré au niveau national, souligne par ailleurs le niveau élevé des délais de paiement des créances inter-entreprises, notamment pour les TPME et certains secteurs d’activité.

Une conclusion tirée d’une étude réalisée par la banque centrale portant sur un échantillon d’environ 72.000 entreprises non financières privées et publiques. «Cette situation constatée ces dernières années accentue la pression sur les trésoreries des entreprises et appelle, encore une fois, à la mise en œuvre effective de la réforme du cadre législatif et réglementaire relatif aux délais de paiement», relève-t-on dans ce sens de Bank Al-Maghrib. Le comité de coordination et de surveillance des risques systémiques atteste par ailleurs de la consolidation de la situation financière du secteur bancaire dans une conjoncture encore porteuse de risque. Les banques marocaines ont affiché une amélioration de leur rentabilité en 2017, et ce à la faveur d’une baisse du coût du risque de crédit et d’une bonne performance des activités opérées à l’étranger.

En ce qui concerne la liquidité des banques en dirhams, cette dernière a connu un resserrement en lien avec l’accroissement de leur position en devises. «La conduite des tests de résistance montre une bonne résilience des banques à différents scénarii de stress y compris ceux reflétant une détérioration des conditions macroéconomiques. Les banques restent, toutefois, vulnérables aux chocs portant sur le défaut de leurs plus grandes contreparties», peut-on déduire du comité. Il ressort également que les banques, dans un contexte de taux d’intérêt bas, sont exposées à un risque de taux accru en lien avec l’allongement de la maturité de leur portefeuille crédits et la prédominance des taux d’intérêt fixes, particulièrement au titre des crédits à l’habitat. La solidité a également été observée au niveau du secteur des assurances. Le rendement des capitaux propres maintient sa progression passant de 9,4% en 2016 à 10,6% en 2017.

Le comité indique par ailleurs que «les plus-values latentes susceptibles d’être dégagées par les portefeuilles d’actifs des entreprises d’assurances et de réassurance ont connu une nouvelle hausse en relation avec la performance du marché boursier enregistrée en 2017». Et de préciser que sur le plan prudentiel, les taux de couverture des engagements techniques des entreprises d’assurances sont supérieurs aux minimas réglementaires. Il est utile de souligner que le secteur des assurances continue de dégager une marge de solvabilité, en couverture du risque de souscription, largement supérieure au minimum réglementaire.

S’agissant du marché de la dette privée, le comité a rappelé l’introduction de nouveaux instruments destinés exclusivement aux investisseurs qualifiés. L’analyse des dernières statistiques démontre à fin mai un repli des émissions de dettes privées. Ces dernières ont reculé de 28% à fin mai 2018 par rapport à la même période de l’année 2017. Les établissements de crédit ont bénéficié dans ce sens des deux-tiers de l’ensemble des émissions. Le cinquième mois de l’année a également été marqué par une progression de 4% de l’actif net sous gestion. L’activité de prêt de titre a également observé une amélioration. L’encours a grimpé à 20,9 milliards de dirhams au premier trimestre de l’année au moment où il se situait autour de 15 milliards à la même période de l’année passée. Notons que le cadre législatif de cette activité est en cours d’amendement favorisant ainsi son développement et renforçant par conséquent les exigences en termes de couverture du risque de contrepartie.

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