Comment dynamiser le régime de retraite ?

Habib Malki, ex-ministre de l’Agriculture et président du CMC (Centre Marocain de Conjoncture) a fait spécialement hier le déplacement à Casablanca pour animer la rencontre organisée par le Centre autour des nouveaux enjeux de la sécurité sociale au Maroc. Avant d’entrer dans le vif du sujet, un constat s’impose. Le système de protection sociale actuel est un ensemble complexe dont les principaux éléments ont été mis en place après l’indépendance. Ledit régime a été introduit dans un contexte démographique, économique et social assez particulier.
A la lecture des propos des intervenants, on relève que le système est resté figé sur des bases socioprofessionnelles étroites. A ce niveau, il y a lieu de souligner la difficulté de pénétrer le milieu rural, l’artisanat ou le travail indépendant. Cette difficulté témoigne en effet du manque de dynamisme du système de protection actuel. Les prestations relatives à l’assurance contre les maladies et les maladies professionnelles et l’assurance maladie dépendent de la bonne volonté de l’employeur.
Comment alors dynamiser le régime ? Tous les acteurs impliqués dans ce régime s’accordent à dire que la viabilité du système pour le long terme nécessite la prise en compte de la composition de la population protégée, de la nature des risques assurés et du niveau de solidarité que le régime cherche à atteindre. En d’autres termes, la nature des prestations assurées impose l’adoption d’une organisation financière spécifique permettant de mobiliser les ressources pour faire face aux enneigements et en même temps d’élaborer un traitement séparé des branches, soutiennent les responsables du CMC. Pour le cas de la CNSS, la législation comprend des mesures pour la gestion distincte des branches et leur organisation financière.
Dans son analyse, le CMC tire la sonnette d’alarme concernant le déséquilibre des systèmes de retraite actuels. Ce déséquilibre s’explique par le nombre d’adhérents par retraité qui a tendance à baisser pour l’ensemble des caisses, est-il ajouté. Il est certain aujourd’hui que les contraintes de maintenir l’équilibre entre les cotisations et les charges des retraites est manifeste chez la plupart des Caisses. Selon les responsables du CMC, la garantie pour les assurés de la CNSS, la CMR et la CIMR de voir leurs droits honorés à l’échéance repose sur l’espérance qu’en temps opportun, il y aura suffisamment d’affiliés cotisants afin de permettre à ces régimes d’assurer des pensions. Rappelons que le déséquilibre des systèmes de retraite a été comblé pendant une longue période par le prélèvement sur les excédents des autres branches.
Une démarche qui n’est pas prévue dans les dispositions réglementaires. En fait, la législation indique que lorsqu’il y un déséquilibre entre les ressources et les dépenses, c’est le réajustement du taux de cotisations du taux de cotisation pour une période d’au moins cinq qui peut être effectué.

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