Comment la région du Souss-Massa compte- t-elle booster ses produits artisanaux ?

Comment la région du Souss-Massa compte- t-elle booster ses produits artisanaux ?

Zones d’activités artisanales, bijouterie, poterie…

L’Agence régionale d’exécution des projets pointe du doigt la qualité des produits, le manque d’infrastructure dédiée à l’organisation, à la gestion, à la mise à niveau et à la qualification des ressources humaines.

Forte de son patrimoine, la région du Souss-Massa regorge d’un savoir-faire artisanal qui s’est construit à travers les siècles. Tapisserie, maroquinerie, boiserie, bijouterie, poterie et plâtrerie… la région se démarque entre autres à travers six principales filières d’artisanat. Ce patrimoine ancestral n’attend donc qu’à être mis en valeur. Pour y parvenir, trois projets sont en cours d’études par l’Agence régionale d’exécution des projets de la région du Souss-Massa (maître d’ouvrage). Il s’agit de la réalisation d’une zone d’activités artisanales, d’un centre d’appui technique dans le domaine de la bijouterie et d’un village de potiers. Pour l’agence, le potentiel artisanal de la région demeure donc sous-exploité du fait de certaines problématiques telle l’insuffisance des investissements matériels et immatériels. Plus encore, ces investissements font défaut pour pouvoir affronter la concurrence étrangère.

L’Agence régionale d’exécution des projets pointe du doigt la qualité des produits, le manque d’infrastructure dédiée à l’organisation, à la gestion, à la mise à niveau et à la qualification des ressources humaines. Ces projets s’inscrivent dans le cadre du Plan de développement régional de l’artisanat (PDRA) qui vise entre autres à mettre en place des outils permettant d’aider les artisans de la région à améliorer les aspects de leur production et par conséquent améliorer leur niveau de vie et ce par la construction d’infrastructures de production, de promotion et de formation à leur profit. Une fois mis en place, ces projets permettront la création d’un pôle d’attraction pour valoriser l’artisanat local, la création d’un espace d’échange d’expérience et de mutualisation d’outils de production entres artisans, la création d’une dynamique commerciale au sein du village concerné, l’amélioration des revenus et des conditions socio-économiques des mono artisans dans la région et l’augmentation du chiffre d’affaires global de l’artisanat de la région et enfin améliorer les aspects de l’hygiène et de la sécurité des ateliers de travail conformément à la réglementation en vigueur.

Pourquoi un complexe d’activités artisanales ?

A en croire le maître d’ouvrage, ce projet sera situé à dans la commune d’Ait Melloul. Il permettra de regrouper des artisans bénéficiaires d’un seul site, la création d’une activité culturelle et de loisirs et la création d’un pole d’attraction qui attirera des visiteurs et des acheteurs qui contribueront à l’amélioration des revenus des artisans.

Un village de potiers pour améliorer la production dans la région

Pour mettre en place un village de potiers, la région a choisi la commune de Temsia. Au préalable, il s’agit d’établir un état des lieux de l’activité de poterie dans cette commune, notamment le nombre de potiers, la zone de commercialisation, les modes d’approvisionnement en matières premières ou encore le nombre de fours à gaz/traditionnels dans la région. Dans ce sens, la faisabilité du projet devra tenir compte du partenariat public-privé et public-public pour son exploitation et sa pérennisation.

Booster la commercialisation de la bijouterie amazighe 

Le troisième projet vise à créer un centre d’appui technique dans le domaine de la bijouterie dans la collectivité territoriale de Temsia, préfecture d’Inzegane Ait Melloul. En effet, le secteur de la bijouterie caractérise la région du Souss-Massa. Il constitue l’un de ses produits phares. La diversité et la différenciation de la bijouterie de la région sont spécifiées par son design traditionnel amazigh reflétant les caractéristiques et les spécificités de la culture et de l’histoire de la région. Toutefois, ce métier souffre d’un nombre de difficultés qui concernent entre autres la vétusté des modes de fabrication et production, la qualité et la finition insuffisantes du produit fini, le manque de main-d’œuvre qualifiée, le marketing et la commercialisation, la concurrence des bijoux industriels et des bijoux en argent asiatiques (Inde, Thaïlande) et turcs ou encore le non-respect des conditions de santé et de sécurité dans les ateliers de travail. Sur le plan environnemental, l’Agence régionale d’exécution des projets du Souss-Massa explique que le secteur présente également des défaillances quant au respect des exigences environnementales fondamentales.

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