Commerce extérieur : Le libre-échange à la traîne

Commerce extérieur : Le libre-échange à la traîne

Si le commerce extérieur continue de progresser bon an mal an, ce n’est pas tant par effet d’une réelle politique volontariste que par celui de retours favorables de la conjoncture. Autrement dit, s’il lui arrive de gagner, c’est plus par raccroc que par action délibérée. Relativement dérangeante, cette impression est très largement partagée par les observateurs qui analysent l’évolution des flux des échanges du Maroc avec le reste du monde. Elle est d’ailleurs ébauchée par les statistiques du ministère. Ces chiffres indiquent, en effet, que les opportunités offertes par le libre-échange ne sont pas pleinement mises à profit par les entreprises exportatrices marocaines qui ne parviennent pas à exploiter au mieux de leurs intérêts et de leurs possibilités les facilités offertes par ce type de relations commerciales. 

Ces statistiques montrent en effet que les exportations marocaines vers les pays avec lesquels il a signé des accords de libre-échange (ALE) n’ont pas progressé à hauteur des espoirs placés en eux. En 12 ans de pratique du système, les exportations du Maroc à destination des Etats-Unis ont à peine doublé à partir d’un bas niveau initial qui, de ce fait, les destinait à de plus hautes performances. De l’ordre de 2.693 milliards de dirhams en 2000, les ventes de produits marocains en Amérique sont passées à seulement 4.179 pour les 8 premiers mois de l’année 2012.

Leur plus beau millésime a été 2011 où elles ont enregistré une valeur  de 7.558 milliards de dirhams. Une tendance globalement similaire a été observée au niveau des échanges avec les Emirats Arabes Unis (EAU). De l’ordre de 82 milliards de dirhams en 2000, les exportations vers ce partenaire ont atteint 236 milliards de dirhams à la fin de la période allant de janvier à août 2012. Entre-temps, elles étaient passées par un summum de 1.255 milliards en 2010. Seul pays de la catégorie «ALE hors Europe» à échapper à cette tendance : la Turquie. D’une valeur de 552 milliards en 2000, les ventes à ce pays ont quasiment triplé pour atteindre 1.632 milliards de dirhams durant les 8 premiers mois de l’année 2012.

Le sommet en ce qui les concerne a été enregistré en 2010 avec 2.887 milliards. Pour ce qui est du principal partenaire, l’Union européenne, l’évolution est en même temps que plus lente, plus substantielle de par son volume. En progressant de 59.635 milliards de dirhams en 2000 à 64.172 pour les 9 premiers mois de 2012, ces échanges qui ont connu leur apogée en 2011 en marquant une valeur de 100.042 milliards, ont progressé globalement de 5%. Durant la même période, l’accroissement a été de 24% en ce qui concerne la Turquie et de 17% en ce qui intéresse les Etats-Unis. 

Des performances modestes qui semblent être dues à la rude concurrence subie par les produits marocains sur ces différents marchés. En Europe, avec une part de marché de seulement 0,21%, le Maroc vient en queue d’une liste où il est précédé de la Chine, des Etats-Unis, de la Russie, de la Turquie, de la Malaisie, du Chili, de la Tunisie et de l’Egypte. Par ailleurs, il occupe la 5ème place et a 0,40% d’un marché américain où dominent les Chinois, les Canadiens, les Mexicains et les Malaisiens. Le Maroc est par ailleurs avant-dernier sur les pays du Golfe  – il est devancé par 7 concurrents dont l’Egypte –  avec 0,07% des parts de ce marché.

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