Commerce : L’ONA et AXA expliquent leur divorce

D’un côté comme de l’autre, l’on se réjouit de ce divorce à l’amiable. C’est le résumé que l’on peut faire de la rencontre informelle entre le staff de l’ONA et celui du groupe Axa, le mercredi 3 janvier 2007 au siège du holding marocain. Suite au désengagement de l’ONA dans le capital d’Axa-Maroc, le partenariat se réduit à une relation commerciale via ONA-Courtage. Prenant la parole, Jean  Raymond Abbat, du groupe Axa a regretté de perdre un partenaire aussi fort, tout en insistant sur le caractère stratégique de cette séparation.
De son côté, Saâd Bendidi est revenu sur un processus de séparation inéluctable depuis deux ans, soit au lendemain de son arrivée à l’ONA. Avec la fusion entre la BCM et Wafa Bank, l’activité assurance de l’ONA s’est trouvée partagée entre Wafa Assurance et Axa. La présence du holding marocain dans les deux entités ne correspondait pas à sa philosophie : «L’ONA est un acteur habitué à prendre le contrôle opérationnel d’une entreprise. Ce qui n’était pas le cas avec Axa-Maroc où il détenait 49% mais ne siégeait pas au conseil d’administration».
De son côté, Axa, présente dans 58 pays avec une remarquable croissance,  «n’avait plus vocation à être un associé financier aussi grand soit-il ». Les stratégies étaient différentes.
Du reste, le groupe français, qui a pris le contrôle total de sa filiale marocaine pour 2,9 milliards de dirhams, entend développer de nouveaux produits au Maroc, notamment dans la bancassurrance. Un projet de rapprochement avec Acred est en cours. De même, Axa, qui a déjà annoncé la délocalisation de plus d’un millier d’emplois au Maroc dans les mois prochains se dit plus que jamais intéressée par l’offshoring. L’entreprise qui pèse un chiffre d’affaires de 90 milliards d’euros à travers le monde suit l’évolution du Maroc de très près, sachant que l’évolution de l’assurance est liée à celle de l’économie.
Pour sa part, Wafa Assurance, qui a réalisé un chiffre d’affaires de 2 milliards de dirhams en 2006, compte prospecter le marché d’assurance à caractère non obligatoire. Cette niche est porteuse dans un marché marocain où l’assurance demeure en deçà des 3% du PIB, alors que dans les pays émergents, ce ratio atteint 10%.  Bref, cette séparation réconcilie chacun des partenaires à sa philosophie. La voie s’éclaire désormais pour l’ONA «travailleur et non accompagnateur» et pour Axa, qui a les coudées franches à travers sa filiale locale, pour revoir le système informatique, fonds de commerce du groupe.

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