Compagnies aériennes low cost : La France à la traîne

A l’heure où le recours aux compagnies aériennes à bas coûts explose en Europe, la France accuse du retard par rapport à ses voisins, alors que le gouvernement table sur la clientèle «low cost» pour doper le tourisme dans les régions. Le Conseil national du tourisme a évalué à 4 milliards d’euros par an le montant des dépenses (hors transport) des quelque 8 millions de touristes étrangers «low cost» atterrissant en France, dans un rapport au gouvernement publié vendredi. Les freins au développement des «low cost» en France sont multiples : position dominante de la compagnie aérienne nationale, Air France, niveau trop élevé des taxes aéroportuaires et manque de créneaux horaires en région parisienne.
Cependant, Air France risque de voir de nouveaux concurrents surgir dans le ciel français : Hervé Novelli, secrétaire d’Etat chargé du Tourisme, a prôné en juin l’ouverture de nouvelles dessertes «low cost», afin de «faciliter l’arrivée» des touristes «sur l’ensemble du territoire». Si les compagnies à bas coûts représentent environ un quart des vols réguliers en Europe, leur part dans l’activité des aéroports français n’a été que de 15,7% en 2007. «La France se fait doubler par l’Espagne qui mise sur les low cost pour devenir la première destination touristique en Europe», a commenté à l’AFP Jacques Sabourin, délégué général de l’Union des aéroports français et président du groupe de travail en charge du rapport.
Les «low cost» n’ont pris leur envol en France qu’à partir de 2001: quatre compagnies desservaient alors 15 aéroports métropolitains, contre 23 compagnies et 38 plates-formes en 2007. Dans le même temps, le nombre de passagers est passé de 2 à 23 millions par an. Près de 70% d’entre eux ont été transportés en 2006 par les deux principales compagnies, Easyjet (40%) et Ryanair (27%). Pour M. Sabourin, «la France n’est pas compétitive en termes de taxes imposées aux passagers, nettement plus élevées qu’ailleurs en Europe». Selon les calculs de Ryanair, les charges pour un billet de 44 euros sont de 25 euros sur un aéroport français, contre 7 euros sur l’ensemble de son réseau. Le retard de la France est surtout sensible sur le réseau intérieur: le rapport évoque la «position ultradominante d’Air France», qui a bénéficié «pendant longtemps du soutien des pouvoirs publics soucieux de disposer d’un champion national», avant de lancer en 2007 sa propre «low cost», Transavia.
 

Brigitte Hagemann (AFP)

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