Compétitivité : le Maroc perd 20 points

Compétitivité : le Maroc perd 20 points

En l’espace d’une année, le Maroc a dégringolé de 20 places dans le classement annuel établi par le forum économique de Genève. Dans ce rapport rendu public le 28 septembre à Genève, le  Royaume n’est classé que 76e sur un total de 117 pays, loin de certains pays du monde arabe et du continent africain. Les Emirats Arabes Unis (18e), les deux entrants dans ce classement que sont le Qatar (19e) et le Koweit (33e) et le  Bahrein (37e) forment le quatuor de tête des pays arabes par ordre de compétitivité.
Ce sont tous là des pays accrédités de bons indices de croissances et où d’importantes réformes commencent à porter leur fruit. Dans le continent noir, la Tunisie arrive en tête (40e), en progression de deux places, devant l’Afrique du Sud (42e), le Botswana (48e), l’Iles Maurice (52e), l’Egypte (53e), le Ghana (59e), la Namibie (63e), la Tanzanie (71e) et enfin le Maroc (76e). Le classement est établi sur la base de trois critères : l’intégration des nouvelles technologies dans l’environnement économique (critère vedette), le fonctionnement des institutions publiques (administration) et la stabilité macro-économique.
D’autres critères entrent en compte. Il s’agit pêle-mêle de l’inflation, de l’état des finances publiques, de l’innovation, des infrastructures de télécommunication, du taux de raccordement à l’Internet. etc. Mais aussi de l’indépendance de la justice, du  taux de corruption et du degré d’interventionnisme de l’Etat dans l’économie. Sur le critère environnement de l’entreprise (Business Compétitive Index),  le Maroc est au 79e rang, devancé entre autres par l’Egypte (71e) et le Nigeria (76e).
La meilleure note du  Royaume dans ce classement 2005 concerne la situation de  l’environnement macroéconomique ( 67e). En revanche, dans le chapitre des  nouvelles technologies, le Maroc est classé 78e, avec 2,96 points, à 18 places de la Tunisie (60e), et loin des 6,19 réalisés par les USA, champion toutes catégories en la matière. Signalons que dans le classement global par pays, le trio de tête reste inchangé.
La Finlande occupe la première place pour la troisième année consécutive, grâce à un environnement économique innovant, facteur de productivité et de prospérité,  et à un climat des affaires transparent. Porté par sa puissante technologie, l’Oncle Sam arrive en deuxième position quoique handicapée par une situation macro économique difficile.
La Suède et le Danemark, respectivement troisième et quatrième, confirment la bonne santé des économies nordiques. Le reclassement s’est fait surtout en faveur de l’Asie. Taiwan et Singapour occupent la cinquième et la sixième place devant l’Islande et la Norvège, et au détriment du Japon (12e).
Ce dernier pays est affecté par le déficit record de ses finances publiques. Les géants chinois et indien se suivent à la 49e et 50e place. Le premier perd trois places et le deuxième progresses de 5 marches dans le classement. Tous les deux patissent de la faiblesse des institutions à même de freiner leurs performances économiques enregistrées ces dernières années. Les traditionnelles économies motrices de l’Union européenne font pâle figure.
Le Royaume Uni est à la 13e place alors que  l’Allemagne (15e), deux rangs plus loin, malgré une justice jugée exemplaire,  paye le prix du déficit de ses institutions publiques et du pessimisme des opérateurs économiques qui s’attendent à une faible croissance sur le court terme. Egalement handicapé  par ces mêmes  facteurs, la France recule de trois places,  pointant désormais au 30e rang. Bible de l’investisseur, le rapport du forum économique de Genève  est l’un des principaux moniteurs de la compétitivité des pays, produit en partenariat avec 172 instituts et organismes et un sondage réalisé auprès de 11 000 chefs d’entreprise.  Pour le cas du Maroc, le Forum de Genève collabore avec l’Université Hassan II.

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