Conference Morocco-US business : Le privé veut rattraper le temps perdu

Conference Morocco-US business : Le privé veut rattraper  le temps perdu

La proposition faite par SM le Roi dans son discours d’Abidjan de constituer une triangulation englobant les USA, l’Afrique et l’Europe pour un partenariat win-win a dominé les travaux de la 2ème Morocco-US business conference development dont l’ouverture a eu lieu lundi à Rabat en présence de plusieurs ministres et d’une foule de diplomates et d’opérateurs économiques de premier plan.

Représentants des organisations privées, ceux de l’Etat américain, et ceux du gouvernement et de la CGEM ont dit leur conviction que ce projet de trilatérale œuvre au partenariat entre les trois continents. Ils ont également réaffirmé leur engagement à œuvrer de concert afin de faire du Maroc ce pont – Gateway, selon le ministre de l’économie et des finances – qui relie les trois continents.

Répondant à une question d’ALM au cours de la conférence qui a suivi la cérémonie d’ouverture, Mohamed Boussaid a estimé que le Maroc est à un point nodal de son histoire et que désormais il faut voir en lui non seulement le premier pays qui a reconnu les Etats-Unis, mais encore la nation dont la stabilité politique et la croissance économique sont remarquables ; qui a engagé des réformes politiques, économiques et sociales déterminantes ; dont la qualité des infrastructures est sans pareille dans la région – Tanger-Med, CFC, Maroc-Telecom– et dont le rayonnement en direction du reste du continent est le plus marquant.

Tous ces atouts font que le Maroc s’est ouvert de réelles opportunités en Afrique Centrale et de l’Ouest, deux régions qui constituent un marché fort d’une demande globale de quelque 200 millions de consommateurs, a ajouté le ministre qui a par ailleurs considéré que l’implication du secteur privé au projet est un facteur qui joue en faveur de sa pérennité. «Le Maroc est conscient de ce que son potentiel à lui seul ne suffit pas à faire face aux besoins des pays partenaires du reste du continent, et qu’il lui faut en appeler à la puissance technologique et financière des Etats-Unis pour contribuer à aménager les conditions de paix et de développement dans ces pays».

Pour autant la tâche n’est pas aisée, a estimé la présidente de la CGEM qui a fait état d’un certain nombre d’obstacles sur la voie d’accès au marché américain, étape jugée essentielle dans le déploiement à l’international. Parmi ces difficultés qui gênent l’essor de la plate-forme marocaine : les standards ou le décalage des produits marocains par rapport aux normes en usage aux Etats-Unis, l’absence de liens directs avec les partenaires potentiels, la question de la taille critique et la rareté des facilitateurs.

Si ces hypothèques venaient à être levées, les perspectives offertes à la coopération s’élargiraient pour englober de nouveaux domaines que ceux dits traditionnels. De ces nouveaux champs de commerce et d’investissement, la partie américaine a cité en particulier les nouvelles technologies, les énergies renouvelables, l’aviation et l’automobile, le textile… Et c’est précisément en prévision de cette extension qu’un mémorandum d’entente a été signé entre la Chambre américaine et la CGEM à la fin de la séance d’ouverture.

Il prévoit de développer plus d’actions conjointes afin de donner plus de consistance à l’accord de libre-échange signé entre les deux pays en 2006. Certes, a reconnu le ministre de l’économie et des finances, cet accord a permis de multiplier par quatre les échanges bilatéraux et les a portés d’environ un milliard de dirhams en 2005 à quelque 32 milliards en 2013, mais ce commerce est bancal. En contrepartie de ce résultat, le déficit au détriment du Maroc est de 15 milliards de dirhams. Comme les importations du Maroc sont appelées à croître moins vite que ses exportations dans une perspective d’augmentation générale des flux d’échange, ce gap risque de s’aggraver. D’autant plus que, même croissant, l’investissement reste en deçà de ce qui est souhaité,– 613 millions de dollars.

Cependant le partenaire américain pense que le problème n’est pas insoluble et que de toute manière les entreprises marocaines en détiennent la solution. Si elles gagnent en compétitivité et en agressivité, a déclaré le président de la Chambre arabo-américaine de commerce, ces entreprises peuvent «faire des affaires aux Etats-Unis et même servir de relais aux américaines, ici en Afrique. Il ne faut pas oublier que le Maroc est le seul pays du continent à avoir conclu un accord de libre-échange avec l’Amérique».

Dominée par la triangulation, la 2ème Morocco-US business conference development promet donc d’être un appel à plus entreprendre en Afrique. Elle a du reste déjà invité à mettre en commun ces atouts : la technologie et la finance américaines, le capital humain de l’Afrique subsaharienne et l’infrastructure, l’implantation et l’expérience marocaines.  
 

Chiffres-clés

Les chiffres indiquant l’évolution des échanges entre le Maroc et les Etats-Unis diffèrent d’une source à l’autre. Selon de récents indicateurs, les importations auraient progressé de 163% et les exportations de 248% depuis la signature de l’ALE en 2006. Depuis cette date à 2012, le volume des échanges serait passé de 11,8 à 33 milliards de dirhams. De même pour la date de la conclusion de l’accord à 2013, le taux de couverture des importations par les exportations se serait amélioré de 8 points en passant de 24 à 32%.
Ces chiffres installent les Etats-Unis à la 5ème place parmi les clients du Maroc en 2012. Pour ce qui est des transferts de capitaux, l’Amérique occupe le 4ème rang parmi les bailleurs de fonds avec une part du  stock global d’investissements directs étrangers (IDE) de 4,2%.

 

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