Congrès mondial de la statistique : L’information comme outil de pilotage pour décideurs

Congrès mondial de la statistique : L’information comme outil de pilotage pour décideurs

Marrakech réunit l’éminence de la statistique mondiale

L’information est non seulement un outil de pilotage mais elle est également un facteur de production dans la mesure où elle contribue à éclairer les décideurs politiques et économiques afin de prendre les choix stratégiques dans le but d’assurer un développement durable et inclusif.

C’est parti pour le 61ème Congrès mondial de la statistique (ISI 2017). En effet, les experts en statistiques du monde entier sont réunis depuis le 16 juillet et ce pendant cinq jours à Marrakech pour discuter ensemble de l’avenir de la statistique et de son impact sur le développement de l’humanité et la survie des générations futures. Un congrès dont le coup d’envoi a été donné par Mohamed Boussaid, ministre de l’économie et des finances, Ahmed Lahlimi Alami, haut-commissaire au Plan et Pedro Luis do Nascimento Silva, président de Institut international de la statistique (ISI). Le ministre de l’économie et des finances a mis l’accent sur le rôle de l’information dans l’édifice d’un pays démocratique. «Ainsi, chaque jour des quantités importantes de données sont produites, traitées, stockées et utilisées dans le monde sans contrainte de temps ni d’espace», indique-t-il.

Dans son allocution Mohamed Boussaid a ainsi expliqué que l’information est essentielle dans une économie moderne, sa qualité et sa disponibilité sont des conditions nécessaires pour le bon fonctionnement des entreprises et les politiques publiques. Selon le ministre, l’information est non seulement un outil de pilotage mais elle est également un facteur de production dans la mesure où elle contribue à éclairer les décideurs politiques et économiques afin de prendre les choix stratégiques dans le but d’assurer un développement durable et inclusif. «Il est impératif pour toute économie qui se veut être compétitive de disposer d’un appareil statistique dont la fiabilité, la transparence, l’objectivité, la neutralité, et la teneur scientifique soient unanimement reconnues», a déclaré Mohamed Boussaid. Le ministre a mis également l’accent sur la nécessité des politiques publiques de s’adapter aux mutations que connaît le monde et au flux d’information qui parfois manque de qualité. Des défis qui appellent l’accroissement des savoirs et du partage des connaissances dans ce domaine. L’amélioration continue de l’appareil statistique national figure parmi les préoccupations majeures du Maroc particulièrement dans l’intégration de l’économie dans le continent africain, souligne Mohamed Boussaid. Dans ce sens, l’échange d’information et de données entre pays africains est devenu une condition importante pour une meilleure connaissance des cultures, des économies, et des ressources entre ces pays.

Un plan Marshall pour  la statistique en Afrique
Dans son discours inaugural Ahmed Lahlimi Alami a souligné que la tenue de ce congrès arrive dans un contexte où l’économie mondiale semble amorcer sa sortie d’une crise dont les prolongements ont longtemps perduré. «Cette croissance est appelée à être tirée par les pays qui se seraient préparés à accéder à cette compétitivité globale en mettant à profit les opportunités offertes par la révolution numérique et les ressources de l’économie verte et à adapter, en conséquence, leurs écosystèmes micro-économiques, leurs modes de gestion macroéconomiques et plus globalement leur modèle de développement au paradigme d’une nouvelle politique émergente».
Le haut-commissaire au Plan a ensuite mis en exergue les difficultés liées aux données de base pour l’application des objectifs du développement durable. Il explique qu’elles sont souvent incomplètes ou difficilement utilisables suite à leur non-conformité avec les modes d’exploitation statistique ou comptable.
Dans ce sens, il souligne que beaucoup de pays peinent encore à disposer de systèmes nationaux de statistiques suffisamment robustes pour contribuer à une meilleure connaissance des réalités économiques et des conditions de vie de la population.
A cette occasion, le haut-commissaire au plan a appelé à un véritable plan Marshall de la statistique pour l’Afrique afin qu’elle puisse décliner à l’horizon 2030 «les résultats des performances au niveau du poids géostratégique de son continent et de la grandeur de sa civilisation».

«Nous sommes considérés comme un pays prometteur par la communauté internationale»

Questions à Ahmed Lahlimi Alami, Haut-Commissaire au Plan

ALM : Comment expliquez-vous le succès de ce congrès organisé au Maroc ?
Ahmed Lahlimi Alami : C’est l’expression de l’image de notre pays, l’expression du rôle du Maroc dans ce domaine de l’environnement et bien entendu tout le rayonnement du Maroc en Afrique. C’est un engagement du Maroc dans les causes du développement de notre continent qui a désormais un poids énorme. Il y a aussi le rôle que le Maroc a eu pour la promotion d’une statistique de qualité tout cela explique cette grande affluence des statisticiens du monde entier à Marrakech.

Quelle est la symbolique de l’organisation de cette 3ème conférence en Afrique et plus particulièrement au Maroc ?
Cela signifie que nous sommes vus par la communauté internationale et plus particulièrement celle des économistes comme étant un pays prometteur et plein d’avenir. C’est la reconnaissance de cette place et aussi de cet avenir prometteur du pays. Nos principaux défis restent les espérances du monde vis-à-vis de nous.

Quelles sont vos attentes pour ce 61ème Congrès?
C’est d’abord profiter de tous les travaux qui vont être exposés au cours de ces cinq jours par des experts et des statisticiens qui chacun d’entre eux a travaillé sur des sujets parfois pendant des années et qui va pouvoir les exposer au Maroc. Donc nous devons être à l’écoute et prendre toute l’expertise qu’il faut de ce travail scientifique.

Le premier prix international de la statistique attribué à David Cox

Lors de cette séance inaugurale le statisticien britannique David Cox s’est vu décerner le premier prix international de la statistique. En effet, la Fondation du prix international de la statistique a honoré David Cox pour son article publié en 1972, dans lequel il a développé un modèle utilisé dans l’analyse de données de survie et permet aux chercheurs d’identifier plus facilement les risques relatifs aux facteurs spécifiques de mortalité et de survie chez les patients présentant des caractéristiques disparates. Ce modèle qui porte le nom de «régression de Cox» a été appliqué à plusieurs domaines de la science mais également dans le domaine de l’ingénierie.

A cette occasion la présidente de la Fondation du prix international de la statistique, Susan Ellenberg, a souligné que «le professeur Cox a changé notre manière d’analyser et de comprendre l’effet des facteurs de risque naturels ou humains sur les résultats de survie, ouvrant la voie ainsi à de puissantes recherches et découvertes scientifiques ayant impacté la santé humaine dans le monde entier».
Plus encore, cette application a mené, par exemple, à analyser les traitements contre le cancer du poumon, l’obésité ou encore l’apnée du sommeil. Elle a également montré les effets des particules de pollution sur la mortalité. Cette découverte avait bouleversé les pratiques industrielles et la réglementation liée à la qualité de l’air.

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