Conjoncture : Le HCP scrute l’avenir du Maghreb

Conjoncture : Le HCP scrute l’avenir du Maghreb

Une quarantaine d’experts et responsables politiques et institutionnels se pencheront dès aujourd’hui et durant deux jours sur la dimension maghrébine de «Maroc 2030». Les 42 personnalités venues des différents pays d’Europe, d’Afrique, d’Amérique centrale et du Sud, interviendront à titre personnelle, précise-t-on auprès de Haut commissariat au plan, HCP. Elles aborderont, sous leurs différentes facettes, «les approches géostratégiques» à même d’asseoir une «nouvelle géographie politique du Maghreb». Ce forum, qui intervient après d’autres séminaires internationaux organisés dans le cadre de «Maroc 2030», se donne pour missions d’approfondir la réflexion sur une nouvelle géographie économique du Maghreb et, par la suite, de dégager «les grandes options stratégiques». Les conclusions de cette réunion seront publiées ultérieurement et, jointes aux autres idées dégagées par les différentes rencontres organisées dans le même cadre, formeront la base d’un débat public. Débat qui sera lancé par le HCP à l’échelle nationale et régionale et sera relayé par les médias audiovisuels.
Le forum qui réunira aujourd’hui, à Skhirate, une pléiade d’experts de différents horizons et nationalités, se décline en six sessions organisées sous forme de tables rondes, traitant chacune un volet particulier de cette approche. Il s’agit notamment de thèmes comme le rôle du Maroc et du Maghreb dans le contexte de la globalisation ou le codéveloppement comme option de l’économie politique, vu sous l’angle de la dimension méditerranéenne. Les intervenants se pencheront également sur la dimension africaine et transatlantique du Maroc dans son environnement maghrébin. Ils apporteront, en outre, leur regard d’experts étrangers sur le Maroc et le Maghreb dans la géostratégie mondiale.
La manifestation intervient au moment où la société globale maghrébine manque de projet mobilisateur, affirment les organisateurs. Un moment où le «non-Maghreb» est en complète contradiction avec les aspirations et l’espérance d’une jeunesse en quête d’un avenir prometteur.
Néanmoins, et avant de se pencher sur sa dimension maghrébine, le Maroc a commencé par engager une «œuvre de rénovation de ses structures sociales, économiques et politiques», souligne-t-on auprès de l’HCP. De ce fait, notre pays ne peut donc pas rester indifférent à la «nécessité» de se consacrer avec ses partenaires à la revitalisation du projet d’édification du Maghreb.
Un préalable d’autant plus urgent que le Maghreb se situe dans une zone tampon entre l’Europe et une Afrique dont le rôle ira en grandissant. En effet, soulignent les responsables du HCP, le développement démographique des Etats méridionaux riverains du Sahel conjugué à l’épuisement des ressources naturelles, à cause de la sécheresse notamment, a créé une «zone de précarité extrême». Une zone parfois de non-droit et, par conséquent, propice à toutes formes de criminalités et de trafics de tout genre. Outre cet aspect sécuritaire, le Maghreb sera confronté, dans les décennies à venir, à une tendance dominante de l’économie mondiale: la globalisation. Celle des finances qui chercheront un équilibre entre l’épargne et l’investissement de la production, qui en quête de valeur ajoutée ignore la composante territoriale et s’inscrit dans une dimension supranationale ou encore celle du cadre institutionnel de fonctionnement des marchés de plus en plus ouverts à la concurrence. En outre, le voisin le plus proche, l’UE, a déjà commencé à envisager ses relations avec les pays de la région non seulement dans le cadre d’une entité globale, le Maghreb, mais dans le cadre de tout l’espace méditerranéen.

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