Consolidation dans l’industrie du papier

Consolidation dans l’industrie du papier

L’ouverture des frontières en 2010 est en train d’accélérer les mouvements de consolidations. Les industries les plus fragiles se doivent désormais de réagir. Dans ce sens, en date du 28 juillet dernier, la Société Nationale d’Investissement (SNI) a conclu avec la Caisse de Dépôt et de Gestion un accord aux termes duquel la SNI cède sa participation de 21,27 % dans le capital de la société La Cellulose du Maroc. Ainsi, la principale unité, quasi-monopolistique, de la production de la matière première destinée aux industries du papier passe sous contrôle de la CDG. Cette dernière la contrôle actuellement à hauteur de 39 %. Cellulose du Maroc dispose d’une unité de production à Sidi Yahya Gharb. Cette unité a une capacité de production qui dépasse les 100.000 tonnes par an, dont plus de 90 % sont destinés au marché extérieur. Cellulose, c’est aussi 80 % de Papelera de Tétuan qui, aux côtés de Safripac et Compagnie marocaine des cartons et du papier (CMCP) est l’une des principales sociétés de production de papier. Dans le secteur de production du papier au Maroc, il y a lieu de distinguer entre les producteurs de pâte à papier et les fabricants du papier et du carton. La fabrication du papier et carton est l’oeuvre de plusieurs sociétés industrielles de transformation qui produisent divers articles comme les fournitures scolaires, les enveloppes, les produits hygiéniques comme les couches bébés, les mouchoirs et des articles spéciaux comme les papiers carbone. À côté de ces grandes pointures, il y a une quinzaine de sociétés de négociants implantés surtout dans l’axe Casablanca-Rabat, qui achètent à raison de 20 % leur matière première chez les producteurs nationaux et à 80 % à l’étranger. Les principaux pays où s’approvisionne cette filière sont la France, l’Espagne, l’Allemagne, l’Angleterre, l’Italie, et le continent américain. Ces dernières années et après la chute de l’ex-URSS, les opérateurs du secteur commencent à faire leurs achats en Slovénie et en Pologne. Comparativement aux pays européens, l’offre en papier au Maroc demeure limitée. Seule une vingtaine de variétés de produits sont proposées sur le marché marocain alors qu’il en existe près d’une cinquantaine dans le vieux continent. La production des unités marocaines est surtout écoulée sur le marché maghrébin, en France, en Italie et en Turquie. Le secteur papetier s’est plongé, en 2001, dans une situation contrastée, caractérisée par une chute des prix et un manque de visibilité, en raison notamment de la poursuite du ralentissement des commandes en provenance des pays asiatiques ; de la récession économique aux Etats-Unis qui freine la consommation de papier et cartons et par conséquent, celle de la pâte ; ainsi que par la généralisation des commandes « au cas par cas » due à l’incertitude de l’évolution des prix à court terme. Le secteur affronte, en effet, un phénomène cyclique de plus en plus rapproché, mais surtout imprévisible. Le comportement réactif des producteurs internationaux de pâte, face aux évolutions des prix, fait que ces derniers deviennent de plus en plus volatiles. Ainsi, entre janvier et juin 2001, les cours ont baissé de 620 à 470 $US/T, pour descendre, suite à la pratique des prix spots, à un niveau alarmant de 300 $US/T, au troisième trimestre. Dans ce contexte, la Cellulose du Maroc a clôturé l’année 2001 avec un cash flow de 65 Mdh et une perte de 50 Mdh, dont 114 Mdh au titre des amortissements et 7 Mdh au titre de la provision pour dépréciation des stocks de pâte. La production de pâte à papier a baissé de 31 %, à 88.865 tonnes, sachant que l’usine a été fermée de mi-février à mai 2001. La cadence moyenne s’est réduite de 3,6 % (353 t/j contre 366 t/j en 2000). Les ventes en quantité se sont contractées de 11%, en raison de la baisse conjointe des exportations (-44 %) et des ventes au marché local (-11 %). Le chiffre d’affaires a baissé de 54 % (375 Mdh contre 813 Mdh), avec une chute de 60 % enregistrée à l’exportation. Il en résulte une baisse des prix réels de 26 %. Reste à espérer que le nouveau repreneur, CDG, dote la société d’un positionnement solide en phase avec la nouvelle donne…Ce qui est d’ailleurs bien engagé !

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