Coopération internationale: Le Maroc explore le potentiel de la région SEMED

Coopération internationale: Le Maroc explore le potentiel de la région SEMED

Si l’idée de booster l’investissement à travers une meilleure intégration régionale n’est pas nouvelle, c’est aujourd’hui vers une nouvelle région que semble se tourner le Maroc.

Lors d’un forum organisé par la Banque européenne de reconstruction et de développement (BERD), les ministres des finances et de la coopération internationale des pays du sud et de l’est de la Méditerranée (SEMED) sont venus discuter du potentiel de coopération de la région mercredi à Skhirat. «Il ne s’agit pas seulement de partenariats sur le volet des capitaux, mais également de projets de société et d’engagements de l’ensemble des Etats concernés», a déclaré à cette occasion le ministre de l’économie et des finances, Mohamed Boussaid.

Cette initiative n’est pas sans rappeler l’accord de libre-échange arabo-méditerranéen d’Agadir signé en 2004 par ces mêmes pays, dont notamment le Maroc, la Jordanie, la Tunisie et l’Egypte. Il est cependant à noter que selon Miriem Bensalah-Chaqroun, présidente de la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM), cet accord était loin d’être un succès. «Il n’a atteint que 2% de ses objectifs», a-t-elle déclaré. C’est donc un nouveau dynamisme de la région SEMED qu’espèrent créer ces pays avec, cette fois-ci, le soutien de la BERD.

La Banque européenne est d’ores et déjà largement investie dans le soutien des pays de la région SEMED. «L’un des objectifs principaux de la BERD est l’accompagnement des pays de la région dans le développement de leurs économies, à travers le soutien de leurs dynamiques d’investissement», a affirmé Suma Chakrabarti, président de la BERD, tout en soulignant l’importance du partenariat entre les pays de la région SEMED pour faire face à des défis tels que le changement climatique et la migration.

Le Maroc est l’un des premiers bénéficiaires de l’appui de la BERD. La banque a injecté un total de 650 millions d’euros dans les entreprises marocaines. «Notre partenariat avec la BERD dénote le potentiel que recèle l’économie nationale», a noté Mme Bensalah, tout en assurant que la partie marocaine est «très satisfaite» de ce partenariat, d’autant plus qu’il ne se limite pas à un soutien financier, mais s’étend également à une assistance technique pour les entreprises marocaines.

«La stratégie de la BERD pour le Maroc a été l’une des premières à être approuvées», a déclaré, pour sa part, Suma Chakrabarti. «C’est un pays qui dispose d’une bonne culture de l’entrepreneuriat», a-t-il ajouté. Cette stratégie, présentée en mai dernier, prévoit, entre autres, d’encourager l’investissement dans les zones les moins développées du Royaume.

Notons que cette rencontre intervient alors que plusieurs pays de la région SEMED rencontrent des difficultés majeures liées au contexte économique et géopolitique international. La transition politique en Tunisie, et l’impact de la crise syrienne sur la Jordanie étaient donc certains des sujets évoqués lors de la cérémonie d’ouverture de ce forum. «Nous sommes aujourd’hui le troisième pays à accueillir le plus grand nombre de réfugiés (1,5 million de Syriens ont trouvé refuge en Jordanie, ndlr), et 90% d’entre eux ne sont pas dans des camps, mais dans nos villes», a déclaré Imad Najib Fakhoury, ministre jordanien de la coopération internationale, «cette crise nous a coûté 6,6 milliards de dollars», a-t-il ajouté.

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