Coopération Sud-Sud : Le Maroc se positionne au Tchad

Coopération Sud-Sud : Le Maroc se positionne au Tchad

«L’Afrique ne serait pas tout à fait l’Afrique sans le monde arabe et le monde arabe ne serait pas ce qu’il est sans l’Afrique», Idriss Déby Itno, président de la République du Tchad.

Le Royaume, par la voix de son secrétaire d’État chargé du transport, Najib Boulif, s’est engagé, lors de la première édition du Forum Invest au Tchad, à apporter son assistance technique et financière dans le développement des secteurs clés. La participation de 60 acteurs marocains confirme cet intérêt économique et diplomatique.  Globalement, l’échange en termes d’opportunités d’affaires s’est matérialisé par la présence de 650 participants, dont 180 venus du monde arabe (Arabie Saoudite, Émirats Arabes Unis, Qatar, Soudan, Koweït, Algérie, Égypte, Tunisie, Bahreïn, Oman…). Un bilan sous de bons auspices. Et des opportunités réelles pour le Maroc.

Les détails. 

Le Maroc contribuera à la transformation économique du Tchad. C’est, en effet, ce qui ressort de la visite les 26, 27 et 28 juin dernier d’une soixantaine de délégués marocains à N’Djaména. Leur participation à la première édition du forum, dédié à l’investissement au Tchad, signe la volonté du Maroc de contribuer à la croissance économique du pays. D’ailleurs, le 20 juin dernier, Issa Doubragne, ministre de l’économie et de la planification du développement,  présidait une visite de travail au Royaume pour mobiliser les investisseurs potentiels nationaux.

Et ce sont les domaines de l’urbanisme, de l’eau et de l’assainissement, du transport urbain, ferroviaire, énergétique, mines, géologie et carrières, technologie de l’information et de la communication qui ont été identifiés comme réceptacles en matière de centres de profit pour les deux parties prenantes. Les enjeux géostratégiques sont énormes. Et le Maroc élargit ses champs d’intervention économique et diplomatique par ricochet avec des pays à fort potentiel de croissance et où certaines niches sont encore vierges. Le monde arabe n’était pas en reste. Il a été représenté, lors de ce forum, par 13 délégations, soit plus de 180 entrepreneurs, chefs d’entreprises, industriels, investisseurs marocains, arabes, internationaux et de la sous-région. La démarche a reposé essentiellement sur le B to B et c’est ainsi que plusieurs panels sectoriels et ateliers ont créé le débat et l’échange.

A cette issue, les autorités tchadiennes ont affirmé à l’unanimité que «cette première édition du forum Invest in Tchad a dépassé de loin les pronostics les plus optimistes en réussissant pour la première fois à rassembler à N’Djamena le gotha économique et financier marocain, arabe, tchadien, sous-régional et international». Ce fut l’occasion pour Amir Artine Adoudou, président de la Chambre de commerce, d’industrie des mines et d’artisanat du Tchad, Docteur Sidi Ould Tah, DG de la Banque arabe pour le développement économique en Afrique (Badea), et Docteur Issa Doubragne de rappeler les enjeux d’un tel événement. Ce dernier devra se pencher sur le processus d’attraction de partenaires stratégiques pour accélérer le développement de l’économie tchadienne.

Idriss Déby Itno, président de la République du Tchad, engage, ainsi, son gouvernement dans une coopération économique basée sur le partenariat public-privé et tournée vers les investisseurs du monde et particulièrement du monde arabe. Le Tchad, à travers sa situation géographique, représente, en effet, le carrefour des affaires reliant le monde arabe à l’Afrique subsaharienne. La priorité du gouvernement étant à la diversification de l’économie pour créer des richesses et de l’emploi. Pour rappel, cette initiative s’inscrit dans le cadre du Plan national de développement. Ce dernier retient dans ses axes des opportunités d’ouverture aux ressources innovantes et structurantes telles que les finances inclusives et islamiques pour doper le financement et donc la concrétisation des différents chantiers, lancés dans le cadre du développement du pays. Le Maroc à travers cette délégation a marqué son intérêt réel. Reconnu mondialement comme hub de l’Afrique du Nord pour l’Europe, sa position stratégique devrait créer des synergies avec les partenaires internationaux si les intérêts sont communs. Les dés sont pour l’heure jetés. 

Du concret basé sur le business matching

* 6 exposés pour valoriser les potentialités sectorielles;

* 16 projets du secteur privé, présentés par leurs porteurs;

* Une table ronde sur les politiques et les stratégies des pays arabes en matière d’investissements et de financements des économies des pays subsahariens et en particulier du Tchad, a été présentée par le DG de la Badea et le responsable du développement des banques de détails à l’international d’Attijariwafa bank;

* Un haut-panel sur l’avenir de la coopération entre le Tchad et le monde arabe a regroupé 3 ministres tchadiens, en charge de l’économie, des finances et la ministre secrétaire générale du gouvernement, du DG de la Badea et du DGA Afrique Centrale de la Banque africaine de développement ;

* La présentation de deux programmes : Programme d’appui au développement local et à la finance inclusive au Tchad (PADLFIT) et le SWEED (de développement) ;

* Plus de 70 rencontres B to B

Repères  économiques tchadiens 

Le forum a permis de mettre en exergue un cumul de 815 millions $ d’engagements adossés à des projets concrets dans les secteurs des infrastructures routières, l’hydraulique, l’agriculture et l’élevage, les mines et l’énergie, le capital humain (formation, santé, éducation). Un complément de financement du Programme d’appui au développement local et à la finance inclusive au Tchad (PADLFIT) a été pris en compte. 

Pour la mise en œuvre des mécanismes de suivi et d’évaluation des projets et programmes positionnés, le gouvernement tchadien a désigné comme principal acteur l’Institut sous-régional de la Cemac multifonctionnel des technologies appliquées, de planification et évaluation de projets (ISTA). En marge du forum, un accord de financement doté d’un montant de 216 millions de dollars a été signé avec le gouvernement chinois pour un projet de modernisation des infrastructures de télécommunications. Pour la construction du nouvel aéroport de Djermaya, des négociations assez approfondies ont été menées avec le groupe turc Summa et ont permis de définir les principaux aspects techniques, économiques et financiers de cette infrastructure.

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