Coopératives agricoles : La FAO et la BERD examinent les potentialités

Coopératives agricoles :  La FAO et la BERD examinent les potentialités

Le renforcement des capacités financières et techniques des coopératives agricoles aurait un fort impact sur le développement du secteur agroalimentaire marocain, et ce au même titre que la facilitation de la participation du secteur privé et la recherche des organismes de financement.

Multiples sont les opportunités d’investissement qui se tracent pour les coopératives agricoles marocaines. Toutefois pour les saisir, le secteur coopératif devrait relever d’énormes défis. Une analyse détaillée des potentialités de ces coopératives a fait l’objet d’une récente étude menée conjointement par l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) et la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD). Il ressort que le renforcement des capacités financières et techniques des coopératives agricoles aurait un fort impact sur le développement du secteur agroalimentaire marocain, et ce au même titre que la facilitation de la participation du secteur privé et la recherche des organismes de financement. Les principales conclusions tirées par l’étude de la FAO et la BERD relative aux nouvelles opportunités d’investissement dans le secteur coopératif agricole portent sur la mise en œuvre des interventions spécifiques par filières.

L’heure étant d’appuyer le développement des interprofessions et des fédérations ainsi que de contribuer à l’élaboration de politique «filière» et de la gestion des ressources en eau pour garantir une durabilité des cultures irriguées.  Parmi les recommandations relevées par l’étude figure également la sensibilisation des consommateurs quant à la qualité des produits. Ces conclusions ont été au cœur d’un atelier dédié à la restitution des résultats de ladite étude, tenu jeudi dernier à Rabat. L’analyse du secteur coopératif agricole met en relief le potentiel de croissance élevé pour le maraîchage et les agrumes. Ce potentiel reste en revanche moyen pour l’argane, le lait, les oasis et les olives, voire faible pour la viande rouge, l’arboriculture et le miel.  En termes de maturité, les coopératives opérant dans les filières maraîchage, agrumes et lait se distinguent. Selon l’étude de la FAO et la BERD, ces coopératives sont plus compétitives et bénéficient de la croissance du marché domestique. En revanche, les coopératives de l’arganier ont toujours du mal à faire face aux problèmes de compétitivité et de capacité d’investissement.  La qualité et la sensibilisation des consommateurs sont, en contrepartie, deux défis auxquels restent confrontées les coopératives opérant dans les filières des oasis et des olives. S’agissant du cadre légal qui régit la création des coopératives, l’étude indique, à ce propos, qu’il ne s’avère pas attractif pour les investisseurs externes. De même, il offre de lentes possibilités de formation du capital. L’étude s’est également intéressée à la gestion des groupements d’intérêt économique (GIE). Cette dernière s’avère, selon l’étude, flexible et ce compte tenu de la gouvernance des GIE et de la gestion du capital.

L’étude réalisée par la FAO et la BERD s’inscrit dans le cadre d’une mission sur les coopératives agricoles dans la région Mena. Elle a pour finalité de mettre en relief les rôles et les fonctions des coopératives dans le développement du secteur agricole et d’identifier les moyens d’intégrer les petits et moyens producteurs dans des filières agroalimentaires à la fois modernes et durables. Au Maroc, le nombre des coopératives a presque triplé ces dix dernières années. Le Royaume compte à fin 2015 près de 17.500 coopératives dont 86% agricoles et 14% artisanales. Rappelons qu’un nouvel élan a été donné aux coopératives agricoles, notamment après l’entrée en vigueur du Plan Maroc Vert. La stratégie agricole du Maroc a accordé au tissu coopératif un grand intérêt permettant ainsi le développement de nouveaux produits tels que le terroir qui connaît actuellement un grand engouement aux niveaux national et international. Le terroir s’est doté depuis 2012 d’une stratégie nationale. Ce dispositif a permis de développer plusieurs actions en matière d’accès de ces produits au marché local et étranger.

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *