Côte d’Ivoire : Une relance économique difficile

Côte d’Ivoire : Une relance économique difficile

De l’asphyxie aux pillages, l’économie ivoirienne peine à se remettre de plusieurs mois d’une crise politico-militaire sans précédent, mais l’espoir est permis pour le premier producteur mondial de cacao, avec une sécurité améliorée et le retour de l’aide extérieure. «On découvre tous les jours des pertes», déclare à l’AFP Jean-Louis Billon, président de la Chambre de commerce et d’industrie de Côte d’Ivoire (CCI). Pour lui, «on doit rebâtir une économie» à l’issue de la crise née de la présidentielle de novembre 2010 et close avec l’arrestation de l’ex-président Laurent Gbagbo le 11 avril. Sanctions européennes pour étrangler le régime déchu, embargo sur les ports, effondrement du système bancaire: la première économie d’Afrique de l’Ouest francophone a payé le prix fort. Inscrite dans le nouveau budget, la prévision de récession (-6,3%) résume l’ampleur du défi pour le nouveau président Alassane Ouattara, ancien directeur adjoint du Fonds monétaire international (FMI). Les deux semaines de guerre, fin mars-début avril, ont été le coup de grâce. À l’arrêt de l’activité se sont ajoutés, durant et après les combats, des pillages gigantesques qui n’ont épargné personne, petits commerçants, PME ou multinationales. Première entreprise privée du pays, le géant agro-industriel Sifca, dirigé par M. Billon, a subi «20 millions d’euros CFA de pertes», en raison des pillages et de la perte d’exploitation, précise-t-il. Selon une estimation provisoire de la Confédération générale des entreprises de Côte d’Ivoire (CGECI), les pertes globales atteindraient entre 900 millions d’euros et 1,5 milliard d’euros. Hôtellerie, industrie, transport: le choc a été rude.
Et les difficultés persistantes de communication témoignent des dégâts subis par les opérateurs de téléphonie mobile. Les pertes font actuellement l’objet de discussions serrées entre professionnels et gouvernement, en vue d’indemnisations par l’Etat. Allègements fiscaux et reprise du remboursement de la dette intérieure (autour de 450 millions d’euros) sont aussi à l’ordre du jour.

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