Couscous : Un label à protéger

Couscous : Un label à protéger

Quoique l’industrie des pâtes alimentaires et couscous au Maroc affiche des résultats positifs, elle laisse voir des faiblesses et des problèmes qui menacent son existence et sa compétitivité, du moins, sur le marché national.
Afin d’établir un diagnostic général sur la santé du secteur des pâtes alimentaires et couscous au Maroc, le ministère de l’Industrie et du Commerce et de la Mise à niveau de l’économie a réalisé une étude exhaustive sur la compétitivité de la branche industrielle.  
En étroite collaboration avec l’Association marocaine des industries des pâtes alimentaires et couscous (AMIPAC), l’Agence nationale pour la promotion de la petite et moyenne entreprise (ANPME) et la Fédération nationale de l’agriculture et de l’agro-industrie (FENAGRI), l’Etude a été financée notamment par le programme MEDA de l’Union européenne.
Selon le rapport final de l’étude, au niveau des approvisionnements, l’industrie des pâtes et couscous fait preuve d’une excellente qualité des semoules locales mais le coût demeure légèrement élevé. Pour les équipements, les outils de production, petits et peu sophistiqués, sont généralement modernes et performants. En terme de capacité, le parc des lignes de production dispose de 70 %  des chaînes, toutefois la maintenance n’est pas la même partout et les installations sont limitées.
Côté exploitation, les marges de production sont comparativement compétitives mais l’exploitation est insuffisante par rapport aux capitaux immobilisés. Les enquêtes de consommation montrent que l’offre répertoriée est légèrement inférieure à la demande. Par ailleurs, le secteur est actuellement mobilisé pour une nouvelle structuration avec l’émergence des grandes surfaces de distribution moderne, la naissance de la préoccupation de la qualité et l’image de marque.
Par ailleurs, l’ouverture des frontières constitue en elle seule une grande menace pour les pâtes marocaines notamment après la signature des accords de libre-échange avec la Tunisie, l’Egypte et la Jordanie. La menace concerne aussi bien les producteurs, collecteurs, minoteries que les semouleries et biscuiteries.  En effet, les pâtes alimentaires et couscous marocains supportent un surcroît élevé au titre du soutien pour la production des blés nationaux estimé à 20% des prix de vente. Parallèlement, les produits des pays concurrents vont s’installer sur le marché national sans payer aucun "élément agricole".  Et qui dit absence de parité dit compétition déloyale.
Les industriels fabricants de pâtes alimentaires et couscous pourraient ainsi perdre des parts de marché considérables et seraient de plus en plus vulnérables dans leur propre marché et devant leur propre consommateur.  
Toutefois, le marché national présente bien des opportunités que les entreprises marocaines doivent exploiter. La plus évidente est l’élasticité de la demande nationale en produits industriels.
Du moment où l’offre officielle répertoriée ne satisfait pas totalement la demande en matière de pâtes alimentaires et le couscous, les entreprises peuvent profiter de cette situation pour augmenter leurs débouchés, plus au moins, à long terme. Le potentiel est considérable.
Ainsi, une meilleure connaissance et une meilleure évaluation de la consommation et des consommateurs est nécessaire, aussi bien sur le plan qualitatif que quantitatif, pour prendre les décisions les plus appropriées.
Les exportateurs marocains doivent plus que jamais réunir leurs forces et investir dans la qualité pour renforcer leur  présence sur leur marché et conquérir d’autres marchés.  

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