Coût de la rentrée en France : Bataille de chiffres entre associations familiales

Le coût moyen de la rentrée scolaire suscitait une polémique mardi au sein des associations familiales, Familles de France se félicitant d’une baisse réfutée par deux autres organisations, dans un contexte où le pouvoir d’achat est au centre des préoccupations.
Dans son enquête annuelle publiée mardi, Familles de France fait état d’un coût de rentrée pour un enfant entrant en sixième de 190,82 euros cette année, en baisse de 7,67% par rapport à 2007 (206,68 euros en 2007). Une première depuis 24 ans, selon l’organisation, qui s’en félicite. Son étude porte sur 46 produits: fournitures papetières, trousses, cartables, articles de sport, etc. Cette baisse ne s’explique pas par une diminution du coût moyen d’équipement en grandes surfaces, puisque celui-ci est quasi stable par rapport à 2007: -0,23 % dans les supermarchés et +0,98% dans les hypermarchés, selon les chiffres de l’enquête.
En revanche, c’est la diminution de 30,27% en un an du coût moyen d’équipement en magasins spécialisés (papeteries, enseignes de sport) qui explique la baisse générale. Quoi qu’il en soit, Familles de France voit là un effet induit de l’accord passé le 10 juillet entre le ministre de l’Education, Xavier Darcos, et huit groupes de grande distribution, visant une modération des prix d’une quarantaine de fournitures scolaires essentielles (liste dite « Darcos »).
Selon l’organisation, « les magasins spécialisés ont réagi » en baissant leur prix «pour ne pas être laissés-pour-compte» et « rivaliser » avec les grandes surfaces.
La «liste Darcos» avait été élaborée avec entre autres des représentants des familles, dont Familles de France, et la Peep (parents d’élèves). M. Darcos, dans un communiqué, a repris à son compte le chiffre d’une baisse de 7,67% et « s’est félicité des résultats de l’enquête qui fait ressortir que l’accord conclu » le 10 juillet pour « une rentrée scolaire moins chère a été totalement respecté ». La baisse s’explique aussi par le comportement des parents, qui « ne vont plus avec les enfants faire leurs courses» en ces temps de pouvoir d’achat en berne, selon Familles de France.
La Confédération syndicale des familles (CSF), qui doit publier la semaine prochaine ses observations, a déclaré pour sa part à l’AFP: «On ne sera certainement pas sur les chiffres» de Familles de France. Elle évoque une possible «petite hausse», «pas très différente des autres années». Quand à l’Union des familles laïques, une petite association, elle a constaté une hausse «d’environ 3%» du coût de la rentrée, à partir d’une étude sur un « panel d’une quinzaine de fournitures scolaires et de vêtements». «Nous attendons les chiffres de la CSF», organisation qui elle n’a «pas passé d’accord avec le ministère », a commenté de son côté la FCPE (parents d’élèves). En juillet, l’inflation était en hausse de 3,6% sur un an, selon l’Insee.
Autre bémol: selon Familles de France, les «frais annexes » (transport, cantine, sorties, inscriptions extrascolaires etc.) ont eux augmenté «de 50%» pour l’année passée. Par ailleurs, elle a relevé que dans les enseignes s’étant engagées avec le ministère, «la signalétique de l’opération» n’était «pas toujours très visible en magasin» et que «rares» étaient les vendeurs à connaître l’existence de la «liste Darcos». Enfin Familles de France a demandé de revoir la modulation de l’allocation de rentrée scolaire, qui sera versée mercredi, (272,59 euros en primaire, 287,59 au collège et 297,59 au lycée) en donnant moins en primaire et davantage au lycée.


• Karine Perret (AFP)

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