CRI Casa-Settat : Le taux de survie des entreprises en baisse

CRI Casa-Settat :  Le taux de survie des entreprises en baisse

Les difficultés d’accès au marché et la mauvaise gestion, principales causes

Les délais de recouvrement constituent le principal obstacle pour 45% des entreprises, suivis de la concurrence des grands comptes/entreprises étrangères (33%) et de la concurrence du secteur informel (27%).

Accès au marché, accès au financement, gestion de la trésorerie, faible compétitivité des produits sur le marché… autant de facteurs qui asphyxient les entreprises et mettent en péril leur existence. En effet, 1 entreprise immatriculée sur 4 ne démarre jamais son activité, moins d’une entreprise sur 2 dépasse le cap des 3 ans et à peine une entreprise sur 3 dépasse 5 ans d’existence, selon une étude dévoilée par le Centre régional d’investissement de Casablanca-Settat lors d’une conférence de presse qui s’est déroulée le 16 octobre 2018 à Casablanca. Menée par le CRI de Casablanca avec l’assistance technique et financière de la Banque mondiale, cette étude fait état du parcours post-création des entreprises créées dans la région via le CRI. Elle révèle dans ce sens que le taux de survie des entreprises en fonction de leur durée d’existence est en baisse significative au cours des 5 premières années faisant ressortir qu’il est de 73, 43 et 32% respectivement à 1 an, à 3 ans et à 5 ans.

La survie de l’entreprise dépend de multiples facteurs parmi lesquels certains sont endogènes et d’autres exogènes. La mauvaise gestion et les difficultés liées à l’accès au marché sont en tête de liste des facteurs qui plombent l’activité des entreprises. En se basant sur les facteurs endogènes relevés par le CRI, la mauvaise gestion financière a été le principal facteur déclencheur à court terme de la cessation d’activité pour près de deux entreprises sur trois. Pour les entreprises faisant objet de l’enquête, les charges fixes importantes et contraignantes (investissements en équipement et RH) sont les principaux facteurs directs de cessation d’activité pour 34% des cas, suivis de près par la gestion de la trésorerie (33%) et par la faible compétitivité des produits sur le marché (32%). Concernant les facteurs exogènes, il s’avère que l’accès au marché reste la principale difficulté rencontrée par les entreprises et ce quel que soit leur secteur d’activité, soit 7 entreprises actives sur 10 la considèrent prioritaire et 6 entreprises inactives sur 10 la considèrent prioritaire. En seconde position, le CRI dévoile dans son étude que l’accès au financement est prioritaire pour 6,5 entreprises actives sur 10 et pour 4 entreprises inactives sur 10. Néanmoins, la fiscalité, l’immobilier et les RH ne constituaient pas des difficultés prioritaires pour les entreprises sondées.

Par difficultés liées au marché privé, il s’avère que les délais de recouvrement constituent le principal obstacle pour 45% des entreprises, suivis de la concurrence des grands comptes/entreprises étrangères (33%) et de la concurrence du secteur informel (27%). Quant aux difficultés liées à l’accès au financement bancaire, l’étude fait ressortir que le niveau de garanties/cautions exigées trop important constitue la principale difficulté pour 61% des entreprises, suivi de la complexité et la longueur des procédures de demande de crédits (31%) et enfin les coûts financiers des crédits trop lourds (27%).
La démarche entreprise par le CRI a permis d’aboutir à un plan d’action qui rassemble 3 initiatives et 30 actions opérationnelles.

Il s’agit de l’accompagnement des porteurs de projets et suivi post-création, de l’activation d’un «small business act» au niveau régional et de la création d’un «fonds de promotion et d’investissement régional». A court terme, le CRI devrait donc jouer un rôle clé dans la mise en place de l’accompagnement des porteurs de projets et suivi post-création et ce en cohérence avec le changement du statut des Centres régionaux d’investissement opéré au niveau national.

La finalité étant de passer d’un rôle de simple guichet à un rôle de conseil et d’accompagnement. Afin de réaliser cette étude, le CRI a mis à contribution plusieurs acteurs du secteur public et privé, notamment la Direction régionale des impôts, la CNSS, l’Ompic, Maroc PME, le Conseil régional et les créateurs d’entreprises de la région. Dans une première étape, l’étude s’est penchée sur une analyse statistique afin d’évaluer les taux de survie et de mortalité des entreprises, ensuite une enquête terrain auprès de 1.280 entreprises pour identifier les principaux obstacles ou encore les facteurs clés de succès de celles-ci. Dans ce sens, un plan d’action de développement de l’écosystème entrepreneurial régional a été mis en place à travers des focus groups avec les chefs d’entreprises et des consultations avec les différentes parties prenantes, indique le CRI. En termes de chiffres, notons que le profil des entreprises de la région fait ressortir que près de 64.000 entreprises immatriculées via le CRI entre 2003 et 2015 étaient toujours actives à fin 2015 pour 249.000 emplois générés.

Dans ce sens, 93% des entreprises actives sont des TPE réalisant un chiffre d’affaires inférieur à 10 millions de dirhams avec moins de 10 employés.

Un  fonds d’investissement régional et un «small business act» proposés

A plus long terme, l’étude propose de créer un fonds de promotion d’investissement régional. Il permettra d’appuyer les meilleurs projets, sélectionnés par un comité sur la région et de financer les projets de développement des entreprises de la région ayant un fort impact socio-économique. Il pourra également intervenir en tant que fonds de garantie pour assouplir les conditions d’accès aux crédits bancaires et financer une bonification des taux d’intérêt pour alléger le coût du crédit et/ou un différé des paiements. Ce fonds va aussi pouvoir participer au financement des programmes de formation des chefs d’entreprises. Il permettra de développer la sous-traitance aux TPME à travers un mécanisme d’incentive afin de compenser le différentiel de coûts d’acquisition (entreprises labélisées). Pour ce qui est de la commande publique, l’étude estime qu’une initiative nationale de type «small business act» permettrait de garantir son accès aux TPME.  Cette initiative facilitera la mise en application de la loi en simplifiant les procédures d’accès aux marchés pour la TPME et en sensibilisant les donneurs d’ordre publics et permettra de privilégier les entreprises qui présentent un «plan de sous-traitance» et le groupement des TPME dans l’accès aux marchés publics.

Des actions sont à mener …

Lors de cette conférence de presse, Abdallah Chater, directeur du Centre régional d’investissement de Casablanca-Settat, a confié : «Il y a des actions qu’on doit entreprendre dans ce sens pour pouvoir renforcer la compétitivité de PME et de la TPME. Celles-ci participent activement à la création de richesse. Il faut se comparer à des économies similaires et des économies émergentes pour pouvoir agir en amont et améliorer les indicateurs également sur le plan international en termes de renforcement de l’esprit entrepreneurial, réduction des taux de mortalité des entreprises et faire en sorte que le taux de survie des entreprises puisse dépasser le cap des 5 ans». M. Chater explique également que «le chantier de la compétitivité des PME n’est pas uniquement centré au niveau du CRI, c’est un chantier qui concerne l’ensemble des intervenants. L’étude elle-même a été faite avec la participation des parties concernées. Le champ d’action consiste en un ensemble de propositions émanant des créateurs d’entreprises, des entreprises qu’elles soient actives ou inactives, des acteurs publics et des acteurs privés».

 

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