Crise de la dette : L’accord européen salué par tous

Crise de la dette : L’accord européen salué par tous

Le plan annoncé à Bruxelles pour enrayer la crise de la dette en Europe, qui a aussitôt galvanisé les Bourses, a été salué avec des nuances comme un pas dans la bonne direction par les grands partenaires de la zone euro tels la Chine, le Japon et la Russie. L’accord obtenu jeudi au forceps devrait «soutenir la confiance des marchés et insuffler une nouvelle vitalité à l’intégration européenne», a déclaré la ministre chinoise des affaires étrangères, Mme Jiang Yu, saluant le «consensus européen». L’UE est le premier partenaire commercial de la Chine et aussi le premier débouché pour ses exportations. Selon des diplomates européens, la Chine serait prête à abonder le Fonds européen de stabilité financière (FESF), que la zone euro entend faire passer de 440 milliards à 1.000 milliards d’euros, mais aucun organe officiel chinois n’est venu confirmer cette information.
Le Japon a été plus précis sur ses intentions. Le ministre japonais des finances, Jun Azumi, a promis jeudi que son pays prendrait «les mesures nécessaires» pour aider l’Europe. Depuis le début de l’année, le Japon a investi 2,68 milliards d’euros, soit 20% du montant total des emprunts émis par le FESF. Avant le sommet de Bruxelles, les autorités nippones s’étaient plusieurs fois dites prêtes à investir davantage, à la condition que les Européens se mettent d’accord sur un plan susceptible de ramener le calme dans les marchés. Le Japon, deuxième plus important détenteur mondial de devises, après la Chine, s’inquiète de la montée de sa monnaie, le yen, que provoque la crise de l’euro. La Russie, elle, a assorti sa satisfaction de doutes apparents sur le caractère définitif et suffisant des mesures prises par les Européens et souligné que l’aide des pays émergents ne serait pas inconditionnelle. Loin de l’enthousiasme du ministre français de l’économie, François Baroin, qui a estimé que l’accord des 17 pays de la zone euro avait «sauvé» la monnaie européenne, le conseiller économique du Kremlin, Arkadi Dvorkovitch, n’a jugé, lui, que «suffisant pour le moment» le compromis obtenu. Selon M. Dvorkovitch, évoquant l’«optimisme prudent» de la Russie, ce plan anti-crise «va permettre d’aller de l’avant pendant quelques mois» et dès lors «les marchés vont l’accueillir de manière adéquate». Et de fait, les Bourses européennes, y compris en Russie, ont toutes ouvert en forte progression jeudi, les valeurs bancaires, très malmenées jusqu’ici, s’envolant. M. Dvorkovitch a par ailleurs répété que la Russie était prête à soutenir la zone euro dans le cadre du Fonds monétaire international (FMI), soulignant que la position russe était «coordonnée» avec les autres pays des Brics (Brésil, Inde, Chine, Afrique du Sud). Mais, a-t-il, averti une augmentation des contributions de ces pays au FMI devait passer par un «renforcement de leur rôle» au sein de cette institution encore dominée par les puissances occidentales. Le président de la Banque mondiale, Robert Zoellick, voit dans l’accord «une étape importante», qui permettra de «gagner du temps».
Les dirigeants de la zone euro ont encore à prendre des décisions difficiles, a-t-il néanmoins insisté.

Articles similaires

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *