Croissance : Amadeus part en reconnaissance du terrain

Croissance : Amadeus part en reconnaissance du terrain

Amadeus, «l’Institut créé en 2008» et qui se définit comme «un think tank marocain indépendant qui se positionne comme un laboratoire d’idées, un espace de réflexion et un créateur de débats», s’est essayé vendredi au style des grandes conférences économiques en invitant les représentants d’une vingtaine de pays à «échanger sur l’avenir du monde marchand». Le président fondateur de l’officine, Brahim Fassi Fihri, a laissé entendre que cet élargissement de zone d’intérêt a été dicté par la bipolarisation de l’économie mondiale qui a imposé le Sud comme acteur à part égale avec le Nord, traditionnellement grand centre de création de richesses. Le Sud est un immense gisement qui permet à l’économie mondiale de voir venir, a-t-il déclaré en introduction à cette conférence sur la croissance mondiale au cours de laquelle il a précisé que les pays émergents ont un taux de croissance tournant autour de 10% quand celui de l’Afrique gravite autour de 4, que l’Europe fait moitié moins et que l’Amérique repart à peine de l’avant. Il a estimé que l’avenir sera de plus en plus austral non seulement sur le plan de l’économie moderne, comme de cette banque chinoise qui a autant de clients qu’il y a d’Américains dans le monde ou comme du Brésil dont la production agricole suffirait à nourrir l’ensemble des Africains. En sorte que le Nord étant en situation de malaise économique, les pays arabes en proie à une grave crise politique et les Etats africains en butte à de grands problèmes structurels, seuls les BRICS semblent – pour le moment-, tirer leur épingle du jeu. La conférence a néanmoins estimé que la mauvaise passe économique mondiale est gérable pour peu que le politique cède le pas à l’économique et que règnent la sécurité et la stabilité.
A la base du climat des affaires, la sécurité et la stabilité ont été jugées de conditions incontournables du «développement durable et partagé». Sans sécurité et sans stabilité, point d’investissement, ont dit les conférenciers du 1er jour de la conférence, car seules elles peuvent attirer les capitaux flottants, provoquer l’investissement ou les délocalisations. Certains diront que si elles ne sont pas suffisantes, elles sont cependant nécessaires et, cela a été entendu comme une adresse particulière au Maroc. La 2ème condition de succès est la nécessaire priorisation des questions économiques. En fait, ont estimé les experts présents, ce préalable est plus d’actualité dans les pays arabes où la consolidation des jeunes pouvoirs passe avant toute autre considération.
A l’exemple de la Tunisie où il faut débourser l’équivalent de 100.000 dirhams pour créer un poste de travail direct et 2 indirects, le financement de l’entreprise pose problème. Et c’est d’autant plus le cas que, semblablement à ce qu’il en est pour ce pays, la structure des entreprises est dominée par les petites et moyennes unités dont l’atomicité n’est apparemment pas un obstacle à leur importante contribution au marché de l’emploi. Dans les pays de la région Mena, un emploi sur quatre est généré par la PME. Mais, contrairement à ce qu’on pourrait penser, la solution au problème ne serait pas tant liée à des conditions de crédit bancaire qu’à l’existence de fonds propres.
Une idée qui a été perçue comme un autre hommage masqué à la proposition relative à la création d’une bourse dédiée aux PME. Idée dont bruit le microcosme économique au Maroc aujourd’hui. Comme il pourrait bruire les jours qui viennent de la proposition faite par l’un des intervenants de dissocier la recherche des universités. Il a laissé entendre qu’elle a tout intérêt à être affaire aux entreprises marchandes. Un souhait qui devrait trouver écho dans l’action supposée de Lahcen Daoudi, lequel laisse entendre qu’il veut la même chose.

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