Daniel Bouton maintenu à son poste

Le P-DG de la Société Générale, Daniel Bouton, a été maintenu à son poste mercredi mais s’est vu encadré par un "comité spécial" chargé de tirer toutes les conséquences de la crise.
Le P-DG de la Société Générale, Daniel Bouton, a affirmé mercredi que la banque pouvait rester indépendante, «puisque les capitaux sont là» et qu’elle est toujours «bénéficiaire», malgré la «perte considérable» subie.
Interrogé par la chaîne de télévision publique France 2 pour savoir si la SG, fragilisée par l’affaire du trader Jérôme Kerviel, pouvait "rester indépendante", M. Bouton a déclaré: «Il n’y a rigoureusement aucun problème puisque les capitaux sont là. (…) Nous sommes restés bénéficiaires». «Nous subissons cette perte gigantesque, et l’entreprise est tellement forte que nous sommes restés bénéficiaires. (…) La Société Générale est en forme, elle continue de se développer», a-t-il insisté, alors que persistent des rumeurs d’OPA, notamment de la part de BNP Paribas, première banque française. A l’inverse du président Nicolas Sarkozy, qui avait souhaité la démission du P-DG, le conseil d’administration de la banque, réuni dans la matinée, a décidé "à l’unanimité" que celui-ci devait rester. Mais il a aussi décidé la création d’un "comité spécial" de trois personnes, présidé par Jean-Martin Folz, l’ancien président de PSA. Ce comité doit notamment s’assurer, a expliqué M.Folz, «que les mécanismes de la fraude sont éclaircis et que toutes les conséquences en sont tirées".
Alors que les rumeurs d’OPA se multiplient, notamment de la part de sa rivale BNP Paribas, M.Bouton a de nouveau affirmé que sa banque pouvait rester indépendante, puisque "les capitaux sont là" et qu’elle est toujours "bénéficiaire", malgré les pertes annoncées de près de 7 milliards d’euros. L’hypothèse d’un rapprochement franco-français pour contrer une éventuelle OPA d’un groupe étranger a ressurgi ces derniers jours. Selon un administrateur de la banque, M.Bouton «ne pense pas qu’une OPA ou une OPE hostile puisse se faire actuellement», mais il s’est déclaré prêt à "étudier" une offre amicale. Un porte-parole de la banque a contesté cette version en affirmant que «le sujet n’avait pas été abordé au conseil d’administration». M. Bouton a reçu des soutiens de la part des salariés et des syndicats. Plusieurs centaines de salariés se sont même brièvement rassemblés devant le siège pour soutenir leur PDG. Mais des voix se sont élevées pour évoquer des dysfonctionnements au sein de la banque dont les procédures de contrôle internes n’ont pas permis de déceler les falsifications du trader. Lors d’un comité central d’entreprise, les syndicats ont obtenu qu’un «expert indépendant, choisi par le CCE, soit nommé avec une mission spécifique» sur la banque de financement et d’investissement du groupe dans laquelle travaillait Jérôme Kerviel. Auditionné au Sénat, le gouverneur de la Banque de France, Christian Noyer, a jugé que «les contrôles permanents au sein de la Société Générale ne semblaient pas avoir fonctionné comme ils auraient dû».
Sur le plan judiciaire, le trader Jérôme Kerviel, mis en examen lundi soir notamment pour "abus de confiance" et "faux et usage de faux", a suggéré lors de sa garde à vue que sa hiérarchie était au courant de l’importance des sommes qu’il avait engagées. Une thèse vivement rejetée par la banque.

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