Déception chez les producteurs d’huile d’olive

Les producteurs d’huile d’olive sont très déçus des premiers résultats constatés en ce début de campagne oléicole : les niveaux de production sont plus que modestes comme le montre les rendements atteints cette année qui n’excèdent guère les 10 % en bour et les 25 % en irrigué Cette modestie est la conséquence directe de plusieurs effets conjugués dont la sécheresse chronique, la dispersion des plantations, les pratiques culturales sous-développées et le manque de performance du matériel génétique. Chergui et faible pluviométrie hypothèquent gravement les rendements en zones bour.
Paradoxalement, en terres irriguées, l’olivier, qui souffre de la concurrence de cultures plus rémunératrices, ne reçoit pas suffisamment d’eau pour éviter le stress hydrique. 75 % des oliveraies ont une superficie inférieure à 5 ha. Elles sont très morcelées, ce qui empêche objectivement tout effort d’intensification de cette culture.
Selon M. Berrichi, de la Direction de la Production végétale du Ministère de l’Agriculture, l’oléiculture marocaine est constituée pour plus de 90 % par une variété qui est, malgré son pouvoir d’adaptation, très sensible à certaines maladies et possède une faible teneur en huile (18 % contre jusqu’à 30 % pour d’autres variétés). L’absence au Maroc de régions spécialisées en oléiculture fait que l’olivier est considéré comme une plantation d’appoint et ne fait pas l’objet de soins particuliers. Une situation aggravée par l’absence de recherches scientifiques adaptées à ces contraintes, d’encadrement et de sensibilisation.
Plus grave encore, la pratique du gaulage, technique utilisée déjà par les Romains, pénalise qualitativement et quantitativement la production et réduit le potentiel des exploitations.
La collecte, l’approvisionnement et les méthodes de production des unités de trituration ainsi que leur vétusté, engendrent de graves gaspillages surtout que 80 % de la production nationale est constituée d’huiles lampantes impropres à la consommation.
Les prix de vente se situent cette année entre 32 et 35 Dh/Kg, selon la qualité de l’huile extraite. C’est cher, même trop cher. L’explication à ce renchérissement se trouve dans la matière première. L’olive est une denrée rare cette année à cause d’une production plus que médiocre.
Habituellement, elle est livrée aux unités de production à des prix allant de 2,65 Dh/Kg (en zones irriguées) à 2,93 Dh/Kg (en bour). Cette année la fourchette se situe entre 5 et 5,50 Dh/Kg. Malgré ces aléas, et contrairement aux apparences, la demande en huile augmente régulièrement au niveau national et international, phénomène qui milite en faveur d’une stratégie axée sur l’intensification et l’amélioration des systèmes de production et de transformation actuels pour promouvoir la qualité et réduire les coûts.

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