Déchets médicaux : Le danger guette

Déchets médicaux : Le danger guette

C’est devant la Chambre des conseillers que le M. El Morabit, secrétaire d’Etat à l’Environnement, a dressé l’état des lieux en matière des déchets médicaux. La situation se présente de la manière suivante: d’abord, le volume des déchets médicaux s’élève à 38.000 tonnes, dont 12.000 sont dangereuses. Ensuite, il n’existe pas de système de tri pour ce genre de déchets. Ensuite, il n’existe pas de textes juridiques qui encadrent cette activité.
Le département de l’Environnement devrait s’atteler à ce chantier. Voilà un inventaire sommaire de la situation qui ne rassure guère. Il faut dire que la question des déchets, médicaux et autres, se présente d’une façon problématique. C’est parce que les déchets médicaux présentent des risques infectieux que la mise en place d’un cadre réglementaire s’impose d’urgence. En France par exemple, une législation comportant plusieurs décrets porte sur l’ensemble du processus de traitement des déchets médicaux. Ce processus comprend la collecte des déchets du cabinet médical et hôpitaux, l’emballage homologué qui doit être assuré par du personnel formé et transporté dans des véhicules exclusivement réservés à cette activité. En outre, le traitement se fait par incinération ou désinfection dans des installations autorisées.
Au Maroc, la grosse lacune réside d’abord dans l’absence de législation dans ce domaine. C’est dans ce sens que le département de M. El Mourabit travaille activement pour accélérer la présentation et l’adoption du projet de loi relatif au traitement des déchets solides. C’est dans ce cadre qu’il a présenté son approche spécifique dans l’examen du dossier des déchets médicaux. Une question se pose cependant : pourquoi c’est le département de l’Environnement, et pas celui de la Santé qui gère ce problème ? Ce détail est d’autant plus intriguant si l’on sait que ce même département d’environnement prépare des mesures importantes «qui seront annoncées ultérieurement» relatives à l’appui financier des collectivités locales «pour les aider à surmonter cette problématique».
Auprès du ministère de la Santé, on explique qu’une réflexion est effectivement en cours auprès du département de l’Environnement pour la mise en place d’un cadre réglementaire en la matière. Actuellement, c’est la direction des hôpitaux qui se charge du traitement des déchets hospitaliers sur la base de simples circulaires internes.
Selon un responsable, le volume de la production de déchets est de l’ordre de 3 kilo par lit et par jour. Jusqu’à 30% de ce volume sont assimilés a des déchets hospitalier. Le tri se fait selon la technique des sachets de couleurs : noir pour les déchets ménagers, et rouge pour les déchets médicaux. Sont-ils traités avant d’être renvoyés à la décharge? « Dans la plupart des cas, oui », rétorque le responsable. En clair, une partie échappe au traitement par incinération. Le responsable rappelle tout de même l’existence de trois broyeurs stérilisateurs dans les villes de Fès, Tétouan et Kénitra.
Le ministère de la Santé compte installer 14 autres machines cette année. Reste que ce dispositif ne concerne que les hôpitaux publics. Pour le privé, on compte sur le volontarisme des médecins. « La nouvelle réglementation devrait mettre de l’ordre de ce domaine », conclut le responsable. On ne le contredit pas.

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