Déficit : L’emprunt international comme ultime cartouche

Déficit : L’emprunt international comme ultime cartouche

Son niveau fixera le montant de la sortie attendue avant la présentation du PLF le 20 octobre

Le déficit budgétaire a atteint fin août dernier 30,48 milliards DH contre 29,13 milliards DH pendant la même période de l’année précédente, soit une hausse de 4,6%.

La sortie internationale est confirmée, le montant de l’emprunt reste inconnu. Des sources proches du dossier affirment que le montant pourrait osciller entre 1 et 1,2 milliard en devises étrangères (euro ou dollar US ou bien même un mix des deux). Si la sortie internationale a été décidée voilà pratiquement une année, son retard n’est pas fortuit. Et pour cause. Les responsables marocains gardent un œil sur le niveau du déficit budgétaire qui risque de dépasser les prévisions défendues devant le Parlement à l’occasion de la présentation du PLF (projet de loi de Finances) 2019 l’année dernière. Autrement, l’emprunt international fera office d’une dernière cartouche pour ramener le déficit budgétaire à un niveau «correct» comme le gouvernement s’y était engagé devant le Parlement mais également les institutions financières internationales. Les derniers chiffres sur le déficit poussent dans ce sens. Ainsi, le déficit budgétaire a atteint fin août dernier 30,48 milliards DH contre 29,13 milliards DH pendant la même période de l’année précédente, soit une hausse de 4,6%. Même les recettes de la vente d’une partie des actions détenues par l’Etat à Maroc Telecom n’ont pas pu influer énormément sur le déficit. En effet, le niveau du déficit atteint en août dernier prend en considération les recettes de l’opération boursière effectuée par l’Etat. Il faut préciser, cependant, que la moitié des recettes de l’OPV IAM avait été versée au Fonds Hassan II.

Le temps commence à presser donc puisque le gouvernement devra rendre des comptes dans moins d’un mois au Parlement à l’occasion de la présentation du PLF 2020.

Pour rappel, le gouvernement prévoyait dans le cadre du PLF 2019 un déficit budgétaire de 3,7% du PIB (Produit intérieur brut). Alors que 80% de cet objectif a déjà été franchi à fin août, la situation pouvait devenir compliquée si la levée de fonds à l’international n’était pas déjà programmée.

Coup de pouce manqué

Mais il y a un autre sujet qui préoccupe les responsables. Avec une levée déjà acquise, il reste, cependant, les conditions. Selon des sources bien renseignées on s’attend à des taux d’intérêt encore meilleurs que ceux obtenus lors de la dernière sortie du Maroc sur le marché international. Cela dit, le scénario d’un emprunt à taux négatif reste pour le moment lointain. Les mêmes sources expliquent dans ce sens que les investisseurs étrangers prennent en considération notamment la note souveraine du pays déterminée par les grandes agences de notation internationales (Moodys et Fitch) qui reste d’un niveau inchangé et plutôt assez bien pour le Royaume. La situation aurait été toutefois meilleure si le Maroc avait obtenu un coup de pouce de la part du FMI (Fonds monétaire international). En effet, le Maroc avait demandé au FMI non pas une ligne de liquidité et de précaution comme les précédentes années mais une ligne de crédit modulable octroyée à de rares pays émergents comme la Pologne. Un tel scénario allait automatiquement se répercuter sur la note souveraine du Maroc qui aurait positivement évolué. La sortie internationale aurait été négociée selon un autre schéma avec la possibilité d’avoir des crédits à taux zéro. Cela dit, le FMI voyait les choses autrement et le gouvernement marocain s’est contenté d’un énième renouvellement de la LPL (Ligne de crédit et de précaution) jamais utilisée d’ailleurs par le Maroc depuis 2012.

Prévisions 2020

Le gouvernement est actuellement en pleins préparatifs pour le projet de loi de Finances (PLF) 2020. La note de cadrage du PLF, publiée il y a quelques semaines, montre que le prochain budget sera élaboré sur la base de l’hypothèse d’un prix du gaz butane à 350 dollars la tonne, d’une récolte céréalière moyenne (70 millions de quintaux), avec pour objectif un taux de croissance de 3,7%.

Le projet de loi de Finances donnera la priorité à la poursuite du soutien aux politiques sociales, à la réduction des disparités sociales et spatiales, outre la mise en place de mécanismes de protection sociale.

La note annonce dans ce sens que la priorité sera également accordée à l’accélération de la mise en œuvre des réformes visant à améliorer les mécanismes d’une distribution équitable de la richesse (justice, régionalisation avancée, réforme fiscale).

A noter par ailleurs que le Maroc va souscrire une assurance internationale l’année prochaine pour faire face à une éventuelle montée des prix en raison des tensions au Moyen-Orient.

Statistiques

Le ministère de l’économie et des finances vient de faire le point sur la situation des charges et ressources du Trésor (SCRT) à fin août. Selon son dernier bulletin, les recettes ordinaires ont atteint 157,53 milliards DH, en hausse de 10,25 milliards DH (+7%) en comparaison avec la même période de l’année précédente.

Plus concrètement, les recettes fiscales nettes ont augmenté de 3,53 milliards DH (2,6%) pour s’établir à 138,13 milliards DH durant la période concernée alors que les recettes non fiscales ont atteint 17,43 milliards DH, soit une hausse de de 6,72 milliards DH. Pour leur part, les dépenses globales, y compris celles des Segma (services de l’Etat gérés de manière autonome) et des CST (comptes spéciaux du Trésor) ont atteint 188,02 milliards DH contre 176,41 milliards DH une année auparavant, soit une hausse de 6,6%.

 

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