DEPHASAGE DE L’ONMT

Les temps de l’approximation et du bricolage sont désormais révolus. Le discours du Trône du 30 juillet dernier met chacun devant ses responsabilités. L’improvisation ou l’amateurisme doivent être bannis. S’il est un secteur qui en a vraiment besoin, c’est bien celui du tourisme en général, la promotion du produit Maroc en particulier. Les maux endémiques d’un secteur souffrant d’une carence en politique marketing réelle sont pourtant bien identifiés. L’Office National Marocain du Tourisme (ONMT) à qui revient cette lourde, mais néanmoins réalisable charge, n’y a opposé, pour l’instant que des mots. Les dernières assises du tourisme l’ont exhorté à procéder à un recentrage de la promotion sur les tour-opérateurs. Les prescripteurs sont identifiés comme coeur de cible de toute promotion. L’ONMT doit se reconvertir au marketing alors qu’actuellement, il ne fait que de la communication. Le paravent de manque de moyens cachait parfaitement un manque de professionnalisme et d’agressivité propre au métier. De grands commis de l’Etat, à l’image d’Abderrazak El Mossadeq à la direction des Douanes, ont rendu cet argument caduc par une vision, une compétence et des réalisations palpables. Et pourtant, le budget affecté à la promotion est en constante croissance. Sur les 2,5 milliards d’euros (soit environ 25 milliards de DH) que rapporte le tourisme, près de 30 millions d’euros sont aujourd’hui alloués au budget de l’ONMT. Dans les trois années à venir, il doit passer à 50 millions d’euros. Mais au moins 40 % de ce montant sont destinés aux frais de fonctionnement de l’ONMT… Ce ratio renseigne parfaitement sur les lourdeurs et poches de déperditions de ressources rares que les livres comptables de l’Office révéleront un jour ! Toutefois, le Ministre de tutelle, Adil Douiri s’est engagé à opérer un recentrage de l’action de l’ONMT tout en impliquant directement les professionnels. Repenser la démarche de l’office était une priorité afin de la rendre plus scientifique et plus rigoureuse. Pour le reste, dans le cadre de la mise en oeuvre de la stratégie régionale, chaque région bénéficiera via le CRT, d’une part du budget alloué à la promotion, comme annoncé par le Ministre. Les CRT devaient être dotés de cadres permanents de haut niveau pour professionnaliser leur action. L’ère du bénévolat est révolue. Or, le constat s’impose de lui-même. Ces déclarations sont restées au stade des bonnes intentions. Rien de concret n’est en chantier ! Réellement, le décalage entre les ressources internes de l’Office et ces nouvelles orientations est patent. L’Office est en éternelle restructuration depuis l’arrivée de Fathia Bennis. Les professionnels formulent les voeux de voir l’Office organisé entre deux pôles distincts. Le premier dédié à la promotion institutionnelle. Le second à celle des divers produits proposés par le Maroc. Pour l’heure, l’improvisation sévit toujours. Le planning des compagnes est hasardeux. En plus, les moqueries de la part du public mais aussi des opérateurs, au sujet des actions de l’Office abondent. « Le Maroc, le plus beau pays du monde » est l’une des sorties ratées. Reste à espérer que le nouveau directeur Général Adjoint nommé par l’autorité de tutelle à ce poste réussir là où Fathia Bennis a échoué. Une chose est sûre ; le changement passe par la compétence et l’esprit créatif des décideurs!

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